L’artisanat marocain prend son envol grâce aux Etats-Unis
La domination historique des produits classiques s’effrite au profit d’une nouvelle dynamique. Si la poterie et la pierre conservent la tête des volumes exportés avec 36% du chiffre d’affaires, c’est l’habillement traditionnel qui crée la rupture cette année. Ce segment a enregistré une hausse fulgurante de 83 % entre janvier et novembre 2025, lui permettant de capter 17 % de part de marché et talonne désormais la concurrence (18 %). Ce changement interne porte le bilan global à la hausse : le Secrétariat d’Etat à l’Artisanat annonce une augmentation totale de 13%, pour une valeur dépassant 1,14 milliard de dirhams.
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L’accélération a été particulièrement marquée en fin de période, avec un bond de 27 % en novembre. Cette vitalité s’accompagne d’un déplacement géographique majeur. Le temps où l’Europe constituait le seul horizon semble révolu : les États-Unis représentent désormais près de la moitié des exportations (49 %), grâce à une demande en hausse de 28 %. A l’inverse, la France voit sa part diminuer de 8 points à 11%, tout en restant le deuxième client du Royaume. La diversification se confirme également avec l’émergence de la Turquie, où le chiffre d’affaires a triplé.
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Cette reconfiguration des marchés impacte directement les centres de production. Marrakech et Casablanca conservent leur leadership avec respectivement 39% et 31% des expéditions, mais la ville de Fès s’impose comme le nouveau moteur de la croissance. La ville a vu ses exportations augmenter de 76%, faisant passer sa contribution nationale de 13% à 20% en l’espace d’un an.