Le CHU Mohammed VI d’Agadir réalise la première radiofréquence contre le carcinome hépatocellulaire
Agadir : première ablation par radiofréquence d’un carcinome hépatocellulaire au CHU Mohammed VI
Le CHU Mohammed VI d’Agadir a réalisé la première ablation par radiofréquence d’un carcinome hépatocellulaire, ouvrant l’accès à une option thérapeutique mini-invasive pour les patients inopérables.
Le Centre Hospitalier Universitaire Mohammed VI d’Agadir a annoncé la réalisation, pour la première fois au sein de son établissement, d’une ablation par radiofréquence destinée à traiter un carcinome hépatocellulaire. L’intervention marque une étape significative dans l’élargissement de l’offre thérapeutique pour les maladies hépatiques sur le territoire, en proposant une alternative aux patients ne pouvant bénéficier d’une résection chirurgicale. L’acte a été conduit par l’équipe du service de gastro-entérologie, d’hépatologie et d’endoscopie digestive, sous la direction du professeur Noureddine Aqodad, avec la participation des professeurs Mbarek Azouaouz et Mehdi Zouaoui.
Intervention et équipe médicale
L’intervention a mobilisé une équipe multidisciplinaire spécialisée en hépato-gastroentérologie et imagerie interventionnelle. La procédure s’est déroulée en salle dédiée, sous guidage échographique, permettant un positionnement précis de l’aiguille de radiofréquence au sein de la tumeur. La coordination entre les cliniciens et les techniciens a été essentielle pour assurer la sécurité du geste et optimiser les résultats immédiats.
Technique et déroulement de l’ablation
La radiofréquence consiste à introduire une électrode fine au cœur de la lésion hépatique grâce à un contrôle échographique en temps réel. Un courant alternatif circule dans l’électrode et génère une élévation de température qui détruit les cellules tumorales par coagulation thermique. Cette approche ciblée vise à épargner au maximum le parenchyme hépatique sain environnant, réduisant ainsi le risque de complications et favorisant une récupération fonctionnelle plus rapide.
Indications et bénéfices pour les patients
La radiofréquence est particulièrement indiquée pour des tumeurs hépatiques de petite taille, ou pour des patients chez qui la chirurgie est contre-indiquée en raison de comorbidités ou d’une fonction hépatique limitée. Ses atouts incluent une durée d’hospitalisation réduite, une reprise plus rapide des activités et une morbidité post-opératoire souvent moindre par rapport à la chirurgie ouverte. Pour certains patients, elle offre une prise en charge curative ou une réduction significative de la charge tumorale.
Montée en compétences du CHU Mohammed VI
La réalisation de ce geste interventionnel illustre la montée en compétences des équipes médicales et paramédicales du CHU. Elle reflète également des investissements en équipements d’imagerie et en dispositifs d’ablation thermique. Le développement de ces capacités permet au centre de proposer localement des soins de haut niveau, limitant le besoin de transferts vers d’autres régions et améliorant l’accessibilité des traitements spécialisés pour la population locale.
Perspectives de déploiement et formation
La réussite de cette première intervention ouvre la voie à une intégration plus large de la radiofréquence dans l’arsenal thérapeutique du CHU. Elle nécessite toutefois un programme de formation continue pour les praticiens, ainsi qu’une structuration des parcours de soins incluant la concertation multidisciplinaire (oncologie, chirurgie, radiologie et hépatologie). À terme, le développement de protocoles locaux et la collecte de données cliniques permettront d’évaluer les résultats à moyen et long terme.
Suivi post‑procédure et recommandations cliniques
Après une ablation par radiofréquence, le suivi repose sur des contrôles cliniques et des examens d’imagerie périodiques afin d’évaluer la nécrose tumorale et de détecter d’éventuelles récidives. La surveillance est adaptée au profil du patient et à la taille de la lésion traitée. Une prise en charge pluridisciplinaire reste essentielle pour déterminer les stratégies complémentaires, qu’il s’agisse d’un suivi isolé ou d’une association à d’autres modalités thérapeutiques.
La mise en œuvre de cette technique au CHU Mohammed VI d’Agadir représente un pas important vers la diversification des options thérapeutiques disponibles pour les cancers du foie dans la région et témoigne d’un renforcement des capacités locales en soins spécialisés.