Le mariage d’une jeune fille de 14 ans évité de justesse à Kénitra
L’affaire concerne une tentative de mariage d’une jeune fille de 14 ans avec un homme beaucoup plus âgé, dans le cadre d’un « mariage Fatiha » (coutumier). Le réseau Injad, dépendant de la Fédération de la Ligue des droits des femmes, est intervenu après la diffusion de l’alerte. L’organisation a déposé deux plaintes officielles, notamment auprès du procureur général du Roi à Kénitra, dénonçant un « acte grave » et une violation flagrante des droits de l’enfant.
La présidente du réseau, Najia Tazrout, a demandé aux autorités d’ouvrir une enquête, d’empêcher la réalisation de ce mariage et d’assurer la protection et la réinsertion de la jeune fille, conformément à la Constitution et aux conventions internationales. La mobilisation sur les réseaux sociaux a été forte, de nombreux internautes dénonçant une « régression inquiétante ».
Baisse des demandes judiciaires, mais le phénomène persiste
Cette affaire de mariage coutumier, qui contourne la loi, intervient au moment où les chiffres officiels des demandes légales de mariage de mineurs sont en baisse. Selon le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, 16.755 demandes de mariage de mineurs ont été enregistrées en 2024, soit une baisse de 17% par rapport à 2023.
La quasi-totalité de ces demandes (16 501) concernent des filles mineures. Le taux d’acceptation de ces demandes par les juges est resté stable, à 62,94% en 2024. Le profil des candidats révèle que 92,5% ne sont pas instruits et 78,1% résident en milieu rural. Au total, ces unions autorisées représentaient 6,46% de tous les mariages enregistrés au Maroc en 2024.