Le Maroc bloque les dates tunisiennes
L’annonce du rétablissement des quotas d’importation des dattes tunisiennes au Maroc marque un arrêt brutal des échanges commerciaux entre les deux pays. Cette décision, prise en pleine saison de récolte record en Tunisie, fragilise un secteur historiquement dépendant du marché marocain pour écouler ses volumes.
Le 24 décembre, la réactivation d’une ancienne réglementation limitant les importations a surpris les exportateurs, provoquant le blocage immédiat de 15 000 tonnes de marchandises au port de Casablanca. Si le Maroc justifie cette mesure par la nécessité de protéger sa propre production nationale, particulièrement abondante cette année, les professionnels tunisiens déplorent la soudaineté de la mesure. Cette paralysie des flux ne leur laisse pas le temps de s’adapter ou d’explorer de nouveaux débouchés internationaux.
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Au cœur des revendications, la variété Deglet Nour fait l’objet d’un plaidoyer spécifique. Les exportateurs soulignent que cette datte, très appréciée pendant le Ramadan, n’est pas cultivée au Maroc et ne concurrence donc pas directement les variétés locales. Selon les acteurs du secteur, un traitement préférentiel pour ce produit permettrait de maintenir l’équilibre entre la protection des agriculteurs marocains et la satisfaction des consommateurs.
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Cette crise impacte un écosystème social profond : le Maroc absorbe habituellement 22 % des exportations tunisiennes, faisant vivre des milliers de familles des deux côtés de la frontière. Les exportateurs espèrent désormais une application plus souple de ces quotas afin de préserver ce commerce séculaire tout en respectant les impératifs de souveraineté alimentaire du Royaume.