Le Maroc invite les entreprises chinoises à investir dans sa plateforme industrielle Tanger-Med
Maroc-Chine : l’ambassadeur El Ansari appelle Pékin à intensifier les investissements au Royaume
À Pékin le 23 juin 2026, l’ambassadeur Abdelkader El Ansari invite les entreprises chinoises à investir au Maroc, hub industriel et logistique vers l’Afrique.
Le 23 juin 2026 à Pékin, l’ambassadeur de Sa Majesté le Roi en Chine, Abdelkader El Ansari, a lancé un appel aux entreprises chinoises pour qu’elles tirent parti du partenariat stratégique Maroc-Chine afin de développer de nouveaux projets d’investissement au Royaume. Intervenant lors d’une réunion organisée en marge de la 4e Exposition internationale des chaînes d’approvisionnement de Chine (CISCE), tenue du 22 au 26 juin, il a présenté le Maroc comme une plateforme industrielle, technique et logistique tournée vers l’Europe, l’Afrique et l’espace atlantique.
Bilan du partenariat stratégique 2016-2026
L’ambassadeur a rappelé que le partenariat stratégique signé en 2016 entre le Roi Mohammed VI et le président Xi Jinping, dont le dixième anniversaire est célébré en 2026, a renforcé significativement les liens économiques bilatéraux. Cette décennie a vu une hausse du nombre de projets d’investissement, des échanges commerciaux accrus et un développement soutenu des partenariats industriels entre les deux pays.
Chiffres récents et confiance des investisseurs
Les investissements directs chinois au Maroc ont atteint près de 2 milliards de dirhams en 2025, a indiqué le diplomate, signe d’une confiance croissante des opérateurs chinois dans les opportunités offertes par le Royaume. Il a aussi souligné la stabilité macroéconomique, une inflation maîtrisée et une population jeune — près de 70 % des Marocains ont moins de 35 ans — comme des atouts favorables à l’investissement productif.
Infrastructures portuaires et position géostratégique
El Ansari a mis en avant la position géographique du Maroc et la qualité de ses infrastructures, citant le complexe portuaire Tanger-Med, les projets portuaires en cours à Nador et à Dakhla, ainsi que les zones industrielles intégrées. Ces installations placent le Royaume comme un hub logistique reliant l’Europe, l’Afrique et le bassin atlantique, attractif pour les chaînes d’approvisionnement mondiales en cours de reconfiguration.
Priorités sectorielles : automobile et mobilité électrique
L’industrie automobile et la mobilité électrique figurent parmi les priorités de la coopération. Le Maroc dispose d’une capacité de production dépassant le million de véhicules par an et affiche des ambitions dans la production de batteries et de véhicules électriques. El Ansari a encouragé les entreprises chinoises spécialisées dans ces segments à investir afin de consolider la place du Royaume dans les chaînes de valeur industrielles internationales.
Aéronautique, numérique et agro-industrie comme leviers de croissance
L’aéronautique représente un autre secteur à fort potentiel, porté par un écosystème industriel mature. Le numérique et l’intelligence artificielle ont été identifiés comme domaines stratégiques où l’expertise technologique chinoise peut accompagner la modernisation marocaine. L’agro-industrie, le textile et le tourisme restent, eux aussi, des secteurs porteurs, notamment avec la perspective d’une hausse des flux touristiques chinois qui nécessitera de nouvelles infrastructures et services adaptés.
Cadre d’accueil et opportunités pour entreprises étrangères
L’ambassadeur a souligné l’existence de plus de 56 accords de libre-échange offrant un accès privilégié à un marché de plus d’un milliard de consommateurs, ainsi que le rôle actif du Maroc dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il a rappelé que la nouvelle Charte de l’investissement et les mécanismes d’accompagnement mis en place rendent le cadre particulièrement attractif pour les investisseurs étrangers souhaitant lancer des projets à forte valeur ajoutée.
En outre, la préparation de la Coupe du monde 2030 crée des opportunités d’accélération pour les projets d’infrastructures, notamment dans les transports, le ferroviaire à grande vitesse et l’extension portuaire, offrant des débouchés aux entreprises chinoises spécialisées en ingénierie, construction et financement. L’ambassadeur a conclu en évoquant le potentiel du partenariat triangulaire Maroc–Chine–Afrique comme levier pour accélérer l’industrialisation du continent et renforcer les chaînes de valeur régionales.