Le Maroc prévoit d’investir 190 milliards de dirhams pour la Coupe du monde 2030
Le Royaume du Maroc prévoit un investissement de 190 milliards de dirhams pour la Coupe du monde 2030
Cette initiative vise à stimuler le PIB et à moderniser les infrastructures, mais le FMI met en garde contre des risques.
Le Maroc s’apprête à faire un investissement colossal de 190 milliards de dirhams dans le cadre de la Coupe du monde 2030. Cette décision s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer l’économie nationale tout en modernisant les infrastructures. Selon une récente analyse du Fonds monétaire international (FMI), ce programme pourrait augmenter le PIB réel de 2 % d’ici la fin de la décennie, et potentiellement 3 % à plus long terme grâce à des gains de productivité.
Plan d’investissement ambitieux
Cette enveloppe budgétaire considérable constitue une augmentation significative des dépenses publiques. Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a souligné que le budget total pour les investissements publics a récemment été révisé à la hausse de 230 à 380 milliards de dirhams pour la période 2021-2026. Cette décision traduit la volonté du gouvernement marocain de réhabiliter l’investissement étatique en tant qu’outil de consolidation de la souveraineté économique.
Ciblage des secteurs clés
Le plan d’investissement représente environ 11,9 % du PIB pour la période 2024-2030, avec un accent particulier mis sur la connectivité et le tourisme. Parmi les principales priorités, on trouve la modernisation des réseaux ferroviaires, qui accapareront 6 % du PIB, ainsi que des investissements dans les aéroports (2,4 %) et les infrastructures routières (0,9 %). En outre, la construction et la rénovation d’installations sportives absorberont 2,2 % du produit intérieur brut, contribuant ainsi à créer des infrastructures adaptées pour accueillir des événements de grande envergure.
Risques liés à l’importation
Toutefois, le FMI a mis en garde contre les effets collatéraux potentiels de ce vaste programme. Avec 60 % des dépenses consacrées à des biens importés, il est probable que le déficit du compte courant se creuse. De plus, le recours accru à l’emprunt public pourrait entraîner une augmentation de la dette de 7 à 8 % d’ici 2030, ainsi qu’un effet d’éviction sur l’investissement privé. La prime de risque souverain pourrait également provoquer une hausse des taux d’intérêt, ralentissant temporairement l’essor des investissements privés avant un éventuel redémarrage à partir de 2031.
Conditions de viabilité du programme
Pour garantir la viabilité de cette stratégie macroéconomique, le FMI impose des exigences strictes. Le succès de cette initiative dépendra d’une gestion rigoureuse des coûts associés aux constructions. L’institution financière insiste sur la nécessité d’intégrer les futurs coûts de maintenance des infrastructures dans le budget actuel, une étape essentielle pour assurer une croissance durable à long terme.
Vers un avenir prometteur
Malgré les défis et les risques évoqués, le Maroc se positionne sur la voie d’un avenir prometteur avec l’organisation de la Coupe du monde 2030. Les investissements dans les infrastructures, s’ils sont bien gérés, pourraient renforcer la croissance économique, améliorer la connectivité du pays et offrir une plateforme pour le développement du secteur touristique.
Ce projet ambitieux change la donne pour le Royaume, mais il devra naviguer habilement entre opportunités et défis afin d’atteindre ses objectifs économiques à long terme.