Le Maroc renforce son influence sur les réserves de biosphère à l’UNESCO
Maroc : renforcement de l’influence du Royaume au Conseil MAB de l’UNESCO à Hernandarias
Au Conseil MAB de l’UNESCO à Hernandarias, le Maroc confirme son rôle dans la mise en œuvre du Plan d’action Hangzhou 2026‑2035 pour les réserves de biosphère.
Le Maroc a pris part, début juin à Hernandarias (Paraguay), à la 38e session du Conseil international de coordination du Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCO. La délégation, conduite par l’ambassadeur et délégué permanent auprès de l’UNESCO Samir Addahre, est intervenue dans un contexte où le nouveau Plan d’action stratégique de Hangzhou 2026‑2035 entre en application. Cette participation traduit une montée en puissance du Royaume dans les débats internationaux sur la biodiversité, la gouvernance territoriale et les stratégies de développement durable associées aux réserves de biosphère.
Participation marocaine à Hernandarias
La délégation marocaine a été présente tout au long des travaux et a contribué aux discussions sur la mise en œuvre du plan stratégique. Au cœur des échanges figurait la manière dont le réseau mondial des réserves de biosphère — désormais comptant 784 sites dans 142 pays — peut répondre simultanément aux objectifs de conservation, de développement local et de résilience climatique. La présence de représentants marocains a permis d’inscrire la lecture nationale des réserves de biosphère dans l’ordre du jour, en insistant sur leur rôle opérationnel pour l’aménagement du territoire.
Application du Plan d’action Hangzhou 2026‑2035
L’entrée en vigueur du Plan d’action de Hangzhou redéfinit les priorités et impose une feuille de route commune aux acteurs du réseau MAB. Les débats à Hernandarias ont porté sur des éléments concrets : renforcement des capacités de gouvernance locale, mise en réseau des institutions scientifiques, et intégration des solutions fondées sur la nature dans les politiques publiques. Le Maroc a soutenu une approche pragmatique visant à transformer les réserves de biosphère en laboratoires vivants, capables d’expérimenter des modèles de gestion conciliant protection écologique et dynamisation économique.
Les réserves de biosphère comme leviers territoriaux
Lors de la session, la délégation marocaine a mis l’accent sur la fonction territoriale des réserves de biosphère. Plutôt que de limiter leur rôle à la conservation stricte, le Royaume défend une vision qui positionne ces espaces comme des leviers d’aménagement, de développement rural et d’innovations sociales. Cette perspective inclut la valorisation des savoirs locaux, la promotion d’économies durables et l’appui à des chaînes de valeur respectueuses de la biodiversité. À l’échelle nationale, ces orientations peuvent nourrir des politiques de requalification des zones rurales et de résilience face aux changements climatiques.
Points de gouvernance et priorités techniques
Les discussions techniques à Hernandarias ont abordé la gouvernance locale des réserves, le rôle des institutions scientifiques, et l’importance de mobiliser les jeunes et les communautés locales. La présidente du Conseil international de coordination du MAB, Latifa Yaakoubi, a rappelé le rôle central des réserves comme espaces d’expérimentation pour des politiques intégrées. Le Maroc a souligné la nécessité d’intégrer les innovations technologiques — surveillance par télédétection, bases de données scientifiques, outils participatifs — pour améliorer la gestion et le suivi des territoires protégés au sens large.
Dimensions diplomatiques et stratégiques pour le Maroc
Au-delà des aspects techniques, la participation marocaine à cette session a une portée diplomatique et stratégique. En affirmant sa lecture des réserves de biosphère, le Maroc consolide son positionnement au sein du réseau international et accroît son influence sur les orientations futures du programme MAB. Cette posture permet également d’ancrer la coopération internationale dans des projets concrets, favorisant des partenariats scientifiques, des échanges de bonnes pratiques et des initiatives de financement pour des projets territoriaux pilotes.
La session de Hernandarias a ainsi permis au Maroc d’articuler ses priorités nationales avec le cadre international renouvelé par Hangzhou, en insistant sur l’articulation entre préservation des écosystèmes, développement local et résilience climatique. Ce positionnement devrait se traduire, dans les mois à venir, par des actions de terrain visant à transformer les réserves de biosphère en espaces démonstrateurs d’un développement durable inclusif et innovant.