Le Maroc, un pays pauvre ?
La résurgence sur les réseaux sociaux d’une intervention de l’ancien député Omar Balafrej, qualifiant le Maroc de « pays pauvre » par rapport à ses voisins nord-africains, a relancé le débat sur la richesse nationale. Bien que la vidéo date de 2018, les données actuelles du FMI et du HCP confirment la persistance d’un écart de PIB avec l’Algérie et la Tunisie, ainsi qu’une aggravation notable des inégalités internes.
« Le Maroc est un pays pauvre ». Cette phrase, prononcée par l’ancien parlementaire de gauche marocain Omar Balafrej, a circulé massivement sur TikTok et
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L’analyse des données du Fonds monétaire international (FMI) nuance le propos tout en confirmant les tendances structurelles évoquées par l’ancien élu, analyse 20 minutes. En 2025, le PIB par habitant du Maroc en parité de pouvoir d’achat s’élève à 11 437 dollars. Il reste inférieur à ceux de la Tunisie (14 982 dollars) et de l’Algérie (18 509 dollars). Le ratio est resté stable depuis 2018 : le revenu par habitant marocain reste environ 1,6 fois inférieur à celui de son voisin oriental.
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Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a fait état en septembre dernier d’une hausse de l’indice de Gini (mesure des inégalités) de 38,5% en 2019 à 40,5% en 2022, ramenant le pays à son niveau du début du siècle. Dans le même temps, la pauvreté absolue a plus que doublé au cours de la même période, passant de 1,7 % à 3,9 % de la population. Ce creusement de l’écart social coïncide avec une augmentation de la grande fortune : selon le cabinet Henley & Partners, le nombre de millionnaires au Maroc a bondi de 40% depuis 2015 pour atteindre 7.500 individus en 2025.