Le Médiateur du Royaume reçoit 9 958 dossiers en 2025, hausse de 25 %
Hausse de 25,3 % des dossiers reçus par le Médiateur du Royaume en 2025
En 2025, le Médiateur du Royaume a reçu 9 958 dossiers et traité 9 006, révélant une hausse des réclamations sociales, un allongement des délais d’exécution et une baisse du stock de recommandations en suspens.
Le Médiateur du Royaume a annoncé, lors de la présentation du rapport annuel 2025 à Rabat, une hausse marquée du nombre de dossiers reçus : 9 958 en 2025 contre 7 948 en 2024, soit une progression de 25,29 %. Cette augmentation traduit une intensification du recours des citoyens aux mécanismes de médiation institutionnelle et une mutation des motifs de réclamation, avec une nette augmentation des dossiers liés aux politiques et programmes sociaux.
Chiffres globaux et traitement des dossiers
L’Institution a reçu au total 9 958 dossiers en 2025, composés de 6 770 réclamations (67,99 %), 3 157 demandes d’orientation et 31 demandes de règlement amiable, ce dernier chiffre constituant un record depuis l’entrée en vigueur de la loi organique. Au titre du traitement, 9 006 dossiers ont été instruits : 5 825 réclamations, 3 157 demandes d’orientation et 24 demandes de règlement amiable. L’écart entre dossiers reçus et dossiers traités illustre un flux important mais aussi la capacité opérationnelle mobilisée par l’Institution.
Répartition thématique des réclamations
La classification des 6 770 réclamations fait apparaître des priorités sectorielles : 2 528 concernent des litiges financiers, 2 387 portent sur des questions administratives, 623 sont liées aux programmes d’aide sociale, 544 aux affaires foncières et 337 à la non-exécution de décisions judiciaires par l’administration. Les autres thématiques comprennent l’accès aux services publics (157 dossiers), la gestion des risques majeurs (99), les droits de l’Homme (60), les services numériques (22) et les demandes d’assistance judiciaire provisoire (13). Ces données signalent l’émergence d’un profil de réclamant orienté vers les politiques sociales et leur mise en œuvre.
Activités procédurales et moyens engagés
Pour instruire ces dossiers, l’Institution a adressé 2 770 demandes d’informations complémentaires aux requérants et 4 316 courriers initiaux aux administrations concernées. Elle a organisé 690 séances de recherche et d’investigation et enregistré 69 cas d’absence suite aux convocations. Les commissions permanentes de suivi et de coordination ont établi 267 procès-verbaux après examen de 247 dossiers présentés. Au total, 1 653 décisions de règlement ont été formulées, couvrant 28 secteurs.
Indicateurs d’exécution et délais administratifs
Le rapport évalue la réactivité administrative via plusieurs indicateurs : exécution des recommandations, impact financier des décisions et délais administratifs. Le stock de recommandations en suspens a diminué à 557 en 2025, contre 640 en 2024 et 845 en 2023, signe d’un progrès dans le suivi des recommandations. Néanmoins, la moyenne des délais d’exécution a augmenté à 815 jours en 2025, contre 672 jours en 2024, soit un allongement de 143 jours qui soulève des questions sur l’efficacité opérationnelle et la priorisation des mesures correctives.
Analyse des tendances et enjeux sociaux
Le Médiateur souligne que la nature des réclamations dépasse la simple contestation individuelle pour revêtir une portée analytique : accès aux aides, critères d’éligibilité, mécanismes de suivi et effets juridiques et sociaux des décisions publiques. Cette évolution traduit une transformation du rapport citoyen‑administration, liée à l’accroissement des rôles sociaux de l’État et à la demande d’une gouvernance plus transparente et réactive.
Recommandations et perspectives institutionnelles
L’ensemble des éléments présentés conduit l’Institution à appeler à la consolidation d’une culture de réactivité administrative, à la réduction des délais de réponse et de mise en œuvre, et à l’ancrage de la médiation comme outil d’éthique administrative. Le rapport plaide pour le renforcement des mécanismes d’orientation et de règlement, une meilleure coordination intersectorielle et des mesures pour accélérer l’exécution des recommandations, afin de restaurer la confiance et moraliser le service public.
Les chiffres 2025 confirment un recours accru à la médiation institutionnelle et montrent à la fois des progrès dans la gestion des recommandations et des défis persistants en matière de délais. L’évolution des motifs de réclamation impose aux autorités administratives une adaptation des pratiques et des processus pour répondre aux attentes croissantes des citoyens en matière d’accès aux droits et d’efficacité des services publics.