le paradoxe d’un mois de jeûne marqué par 30% de déchets en plus
Le mois de Ramadan est marqué par une augmentation de 30% des déchets organiques au Maroc. Malgré le jeûne, le gaspillage alimentaire s’aggrave, porté par une surconsommation irrationnelle et une gestion de plus en plus problématique des restes.
Les experts en économie et en sociologie mettent en avant un paradoxe de consommation : près d’un quart de la nourriture préparée pour l’iftar finit à la poubelle. Selon Hassan Aït Ali, président de l’Observatoire de la protection du consommateur, ce phénomène est accentué par l’anxiété comportementale et la pression sociale qui poussent les familles à surstocker de nourriture par crainte de pénurie, alimentant ainsi une facture alimentaire en forte hausse.
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À Agadir, le constat sur le terrain est particulièrement alarmant. Les nettoyeurs décrivent des bennes à ordures saturées de plats cuisinés à peine consommés, comme des tajines, des harira ou des crêpes traditionnelles (msemmen et baghrir). Les éboueurs déplorent une contradiction majeure chez les riverains qui, tout en jetant massivement leurs restes alimentaires, pointent souvent l’inefficacité des services de collecte sans remettre en cause leurs propres modes de consommation.
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Les chiffres du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) et de la FAO confirment l’ampleur du gaspillage. Environ 45,1% des familles marocaines jettent l’équivalent de 60 à 500 dirhams de nourriture durant ce mois sacré. À l’échelle nationale, chaque Marocain jette en moyenne 91 kilos de nourriture par an, illustrant un défi environnemental et économique majeur pour le pays.