Le parcours du combattant des supporters algériens pour rejoindre le Maroc
« On se croirait à Alger ! ». Ce cri ému d’un supporter résume bien l’ambiance qui régnait le 24 décembre dans la capitale marocaine. Drapeaux verts et blancs, chants à la gloire des Fennecs… Les hommes de Riyad Mahrez et Luca Zidane – observés depuis les tribunes par son père Zinedine – se sont sentis chez eux pour leur entrée en lice.
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Toutefois, une grande partie de ce public était constituée d’Algériens résidant déjà au Maroc (Casablanca, Tanger, Marrakech). Pour ceux qui venaient d’Algérie, le voyage était une prouesse logistique et financière.
Tunisie ou France : le détour obligatoire
Les relations diplomatiques rompues font qu’aucun vol direct ne relie l’Algérie au Maroc et la frontière terrestre est fermée depuis 1994. Pour atteindre Rabat, les fans ont dû faire preuve d’ingéniosité et se ruiner.
Sofiane, venu d’Annaba, raconte son périple au journal Le Monde : « J’ai pris le taxi pour parcourir les 350 km jusqu’à l’aéroport de Tunis-Carthage, puis l’avion jusqu’à Rabat ». Pour les Algériens comme Ramy, le détour s’est fait par l’Europe : “Je suis passé par Marseille. Le voyage est assez cher mais je ne le regrette pas.” Des escales en France ou en Tunisie qui ont considérablement alourdi la facture, surtout en cette période de vacances de fin d’année.
Le casse-tête de l’E-Visa et de l’application « YALLA »
Au-delà des transports, c’est l’administration qui a donné des sueurs froides aux supporters. Alors que les Algériens pouvaient auparavant entrer sans visa, le comité d’organisation a instauré une mesure exceptionnelle : du 25 septembre 2025 au 25 janvier 2026, un visa électronique est requis pour les ressortissants de huit pays (dont l’Algérie, le Sénégal et la Tunisie).
Obtenu via l’application officielle « YALLA » et couplé à un « FAN ID », ce sésame a connu quelques ratés. “Tout était bloqué et les gens criaient au scandale. Les dossiers ont finalement été rendus publics tardivement, une semaine avant la compétition”, confie un journaliste algérien.
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Les exigences en matière de garantie financière et d’hébergement ont également compliqué la tâche, décourageant les agences de voyages d’organiser des voyages de groupe. Même les journalistes sénégalais ont vu leurs premières demandes rejetées, prouvant que la charge administrative n’épargnait personne.