Le procureur renvoie au grand jury l’affaire de viol collectif présumé à Cornell
Réouverture d’une enquête après une plainte pour viol collectif à l’université Cornell
Une plainte civile déposée le 16 septembre 2026 a relancé l’enquête sur un viol collectif présumé à la fraternité Chi Phi de Cornell, en lien avec des faits allégués le 19 octobre 2024.
La réouverture du dossier judiciaire intervient après le dépôt, le 16 septembre 2026, d’une plainte civile de 101 pages dans laquelle une femme, désignée sous le pseudonyme Jane Doe, affirme avoir été droguée et victime d’un viol collectif à la maison de la fraternité Chi Phi à Ithaca, New York, le 19 octobre 2024. La plainte met en cause sept hommes et accuse également l’université, la fraternité, la sororité de la plaignante et un établissement hors campus de ne pas avoir pris des mesures adéquates. Face à la contestation publique, le bureau du procureur du comté de Tompkins a annoncé qu’il laisserait désormais un grand jury décider des charges éventuelles.
Réouverture du dossier par le bureau du procureur
Le procureur de district Matthew Van Houten a déclaré que la décision de renvoyer l’affaire devant un grand jury suit la réception de nouveaux éléments présentés dans la plainte civile déposée le 16 septembre 2026. Il a précisé que, lors de l’examen initial en novembre 2024, son bureau n’avait pas retenu le seuil légal pour des poursuites pénales à partir de la première déclaration de la victime. La nouvelle démarche vise à permettre à un grand jury d’évaluer objectivement la portée des accusations avant toute mise en accusation formelle.
Allégations détaillées dans la plainte civile
La plainte décrit les faits ainsi : la plaignante, âgée de 20 ans en octobre 2024, s’était rendue à la maison de la fraternité après avoir déjà consommé de l’alcool dans un bar hors campus. Elle affirme que deux membres de la fraternité lui ont proposé de coucher avec eux, l’ont encouragée à consommer de la kétamine et de la marijuana, puis qu’elle a été agressée sexuellement par sept hommes pendant plusieurs heures, s’évanouissant finalement vers 5 h 45 du matin. La plaignante soutient qu’étant sous l’effet de substances, elle n’était pas en mesure de consentir.
Preuves présentées: captures d’écran et discussion de groupe
Parmi les pièces joints à la plainte figurent des captures d’écran d’une discussion de groupe sur une application sociale, où un message laisse entendre que la victime était “disponible” gratuitement. Ces échanges sont cités par la plaignante pour illustrer l’attitude et la communication entre certains membres de la fraternité. L’une des personnes identifiées dans la plainte aurait répondu dans ce groupe; les extraits sont désormais examinés au regard des allégations de comportement et d’intention.
Réponses des personnes mises en cause
Plusieurs des hommes désignés dans la plainte ont contesté les accusations. Des avocats représentant certains prévenus ont qualifié les messages de la discussion de groupe d’inappropriés mais ont nié qu’ils prouvent une agression sexuelle. L’un des prévenus affirme avoir brièvement été présent dans la pièce où se trouvait la plaignante sans l’avoir touchée, et a fait état d’un test capillaire affirmant l’absence de drogues dans son organisme. D’autres défenseurs ont déclaré que leurs clients nient formellement toute implication dans des agressions.
Sanctions disciplinaires prises par l’université
L’université Cornell indique avoir mené sa propre enquête interne pendant plusieurs mois et avoir soumis l’affaire à une commission disciplinaire composée de professeurs et de membres du personnel. À l’issue de cette procédure, la commission a prononcé des sanctions allant jusqu’à l’expulsion pour certains étudiants, tandis que d’autres ont reçu des suspensions et des mesures correctives telles que des ateliers obligatoires. La fraternité Chi Phi a été fermée et interdit d’accès au campus à la suite de l’enquête universitaire.
Impact institutionnel et réactions publiques
L’affaire a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux et relancé le débat sur la responsabilité des établissements et des autorités locales dans le traitement des agressions sexuelles sur les campus. La plaignante dénonce des lacunes d’enquête et un manque de suivi de la part des instances judiciaires après son signalement initial le 8 novembre 2024. Ses représentants civils demandent des réparations financières et soulignent que la victime a ensuite interrompu ses études en raison des conséquences psychologiques alléguées.
Le dossier met en lumière des tensions récurrentes entre procédures disciplinaires universitaires et voies pénales externes, et pose la question des critères utilisés par les procureurs pour engager des poursuites. La convocation d’un grand jury représente une étape procédurale qui pourrait conduire à des inculpations si le jury estime que les éléments présentés atteignent le seuil requis.
Les autorités du comté affirment qu’une procureure spécialisée dans les crimes sexuels préparera le dossier pour la présentation devant le grand jury. La procédure pénale, indépendante de l’action civile en cours, sera déterminante pour l’éventuelle tenue d’un procès criminel. La suite judiciaire devrait clarifier la nature et la portée des preuves et permettre au grand jury d’évaluer s’il y a lieu de porter des accusations formelles.