le projet techniquement validé, les travaux démarrent en 2030 ?
Longtemps considérée comme de la science-fiction, l’idée a refait surface grâce aux conclusions d’une étude de faisabilité réalisée par la société allemande Herrenknecht pour le compte de la Société espagnole d’études de communications fixes du détroit (Secegsa). Ce rapport, financé par des fonds européens à hauteur de 1,6 million d’euros, a examiné les défis géologiques majeurs de la région, notamment l’activité sismique, les plaques tectoniques et les contraintes du forage à haute pression. Le verdict est sans appel : l’ouvrage est « techniquement viable ». Fort de cette expertise, le ministère espagnol des Transports a franchi une nouvelle étape en confiant à l’entreprise publique Ingeniería y Economía del Transporte l’élaboration du plan détaillé du premier tunnel.
Un projet colossal estimé à 8,5 milliards d’euros
L’ampleur du projet dépasse celle de l’Eurotunnel sous la Manche. Le tracé prévu s’étendrait sur 65 kilomètres pour relier Punta Paloma, à Cadix, à Punta Malabata, à Tanger, plongeant jusqu’à une profondeur maximale de 465 mètres sous le fond marin. Outre le transport ferroviaire de passagers et de marchandises, l’infrastructure servirait de couloir pour les câbles d’énergie et de télécommunications. Le coût pour l’Espagne pourrait atteindre jusqu’à 8,5 milliards d’euros, en plus des 60 millions déjà investis dans les études depuis les années 1980.
Le calendrier prévisionnel reste prudent mais se précise, porté par la dynamique de l’organisation commune de la Coupe du monde de football 2030. Si l’appel d’offres pour un tunnel d’exploration pourrait être lancé vers 2027, le démarrage des principaux travaux n’est pas attendu avant 2030, pour une mise en service prévue vers 2040.