Le Qatar, l’atout secret pour débloquer l’impasse diplomatique ?
L’ambition affichée par Washington de sceller un « accord de paix » entre le Maroc et l’Algérie en soixante jours ébranle les chancelleries, écrit L’Indépendant. Cette accélération diplomatique souhaitée par l’équipe américaine contraste avec la stagnation du dossier à l’ONU, où aucune négociation substantielle n’a eu lieu depuis 2019. Face à l’impasse des résolutions non appliquées, une option méconnue refait surface : celle de la médiation qatarie, la seule capable par le passé d’avoir obtenu des résultats concrets sur ce champ de mines.
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Pour comprendre la crédibilité de Doha sur cette question, il faut remonter le temps et s’éloigner des crises actuelles à Gaza ou à Kaboul. En février 2004, loin des projecteurs, le Qatar a orchestré le transfert vers Agadir d’une centaine de militaires marocains détenus dans les camps de Tindouf. Cette opération humanitaire sensible, menée à la demande du Front Polisario comme un « geste de bonne volonté », avait démontré la capacité de l’émirat à naviguer entre les défiances historiques du Maghreb. A l’époque, une délégation qatarie escortait personnellement les prisonniers, prélude à la libération totale des captifs l’année suivante.
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Aujourd’hui, la machine diplomatique de l’émir Tamim ben Hamad Al Thani est bien plus raffinée. La médiation est inscrite dans la Constitution et le ministère des Affaires étrangères a adopté une architecture institutionnelle dédiée à la gestion des crises, appuyée par des experts scandinaves. Cependant, malgré ce CV diplomatique et d’excellentes relations avec Rabat et Alger, Doha reste sur le seuil. “L’Algérie et le Maroc sont nos frères et nous entretenons d’excellentes relations avec eux, mais on ne nous a pas demandé de jouer un quelconque rôle dans ce conflit”, tempère Majed Al Ansari, porte-parole de la diplomatie qatarienne, précisant : “Nous pensons qu’ils peuvent le résoudre entre eux”.
Si la porte reste entrouverte – « Si on nous le demande, nous l’évaluerons et serons disposés à faciliter cette médiation », assure un responsable qatari –, le scepticisme prévaut parmi les observateurs. Les experts doutent que l’Algérie ou le Polisario acceptent une intervention du Golfe, craignant un alignement naturel des monarchies. Pour l’instant, le Qatar reste l’hypothétique médiateur dans un conflit sans fin.