le retour de la colère face à l’explosion des prix
Entre le désengagement financier de l’État français et une gestion locale jugée « déconnectée », le contrat de confiance entre l’institution et les familles semble aujourd’hui rompu.
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La hausse annoncée n’est pas une simple réévaluation liée à l’inflation. Elle répond à un déficit structurel de l’État français qui a choisi de transférer la charge des retraites civiles (pensions des expatriés) directement sur les familles marocaines.
• À partir de 2026 : les parents devront couvrir 35 % des frais de retraite.
• En 2027 : Cette part passera à 50 %.
• Nouveauté : L’instauration de frais de première inscription de 30 000 DH, applicables à tous les niveaux.
«Cet argent, entièrement reversé à Bercy, ne profite en aucune manière aux établissements locaux : il n’est ni réinjecté dans les infrastructures ni dans les programmes.» — Note de l’association des parents d’élèves.
Tarif prévu pour l’année scolaire 2026-2027
Voici le détail des frais de scolarité annuels (hors frais d’inscription de 30 000 DH) :
• Maternelle : 43 000 (Français) 53 400 (Autres nationalités)
• Élémentaire : 40 800 (Français) – 50 100 (Autres nationalités)
• Collège : 44 500 (Français) – 54 800 (Autres nationalités)
• Lycée : 48 200 (Français) – 60 700 (Autres nationalités)
Le « naufrage » administratif : le cas Saint-Exupéry
Le collège Saint-Exupéry de Rabat est devenu le symbole des erreurs de gestion dénoncées par les parents (CAPE et APEEF).
• Explosion du budget : Estimée à 6 millions d’euros il y a dix ans, la reconstruction du collège est désormais budgétée à 18 millions d’euros.
• Financements opaques : Sur ces 18 millions, 10 millions proviennent déjà des augmentations de coûts accumulées ces dernières années, sans que les travaux aient commencé.
• Conditions précaires : Les élèves sont actuellement hébergés dans l’ancien groupe scolaire Malraux, dont les infrastructures sont jugées inadaptées au niveau collège.
Les principales revendications des parents
Face à ce qu’ils qualifient de « stratégie strictement comptable », les groupes de parents (notamment l’Association CAPE Camus) exigent :
• Un gel immédiat des augmentations pour rouvrir les négociations mondiales.
• Un audit indépendant des flux financiers entre le Maroc et la France pour identifier les coûts qui devraient normalement incomber à l’Ambassade.
• Gouvernance tripartite : Un comité de pilotage local comprenant parents, AEFE et Ambassade pour s’éloigner d’une gestion « hors-sol » depuis Paris.
• Récompenses qualitatives : Remplacement systématique des enseignants, maintien des options et amélioration du niveau de langue (notamment arabe).
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Le risque à moyen terme : Une défection des classes moyennes marocaines (effectifs en baisse déjà de 3% par an), qui pourrait conduire à la fermeture définitive de certains établissements historiques comme l’école Ronsard à Rabat.