Le Royaume-Uni réunit 40 pays pour discuter de la réouverture du détroit d’Ormuz
Le Royaume‑Uni réunit 40 ministres pour tenter de rouvrir le détroit d’Ormuz face aux attaques maritimes
Le Royaume‑Uni organise un sommet virtuel rassemblant 40 ministres des Affaires étrangères pour évaluer des mesures diplomatiques et politiques afin de rétablir le passage sécurisé du détroit d’Ormuz, crucial pour le trafic pétrolier mondial, perturbé par des attaques récentes.
Le Royaume‑Uni convoque un sommet virtuel
Le sommet, présidé par la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper et annoncé par le Premier ministre Keir Starmer, doit passer en revue « toutes les mesures diplomatiques et politiques viables » pour rouvrir la voie navigable. La rencontre se tient en format virtuel, rassemblant une coalition large qui comprend des pays européens, des États du Golfe et des partenaires extra‑régionaux, et vise à établir une première feuille de route collective.
Composition et portée de la coalition
Parmi les pays participants figurent le Royaume‑Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Canada, le Japon et les Émirats arabes unis. D’autres États, notamment des pays du Golfe et des nations d’autres régions, ont également été associés à la réunion. Les signataires d’une déclaration commune demandent à l’Iran de cesser ses tentatives de blocage du détroit et s’engagent à « contribuer aux efforts appropriés pour assurer un passage sûr ». Des réunions de travail supplémentaires sont prévues pour définir les modalités opérationnelles de cette contribution multilatérale.
Conséquences pour le trafic maritime et les marchés
Les attaques ciblant des navires commerciaux ont entraîné une quasi‑paralysie du trafic dans le détroit, voie stratégique reliant le Golfe au reste des océans. La perturbation alimente une hausse des cours du pétrole et crée des difficultés logistiques pour les importations et exportations de la région. Des données maritimes recensent plusieurs dizaines d’attaques contre des navires depuis la fin février et font état de pertes humaines à bord de certains navires, accentuant la pression sur les acteurs économiques et les armateurs.
Absence des États‑Unis et impact politique
Les États‑Unis ne participent pas à la réunion, après des déclarations publiques du président américain affirmant que la sécurisation de la voie navigable ne relève pas de la responsabilité de son pays. Ces déclarations ont également été accompagnées de critiques visant certains alliés européens et de menaces concernant l’engagement américain au sein de l’OTAN. L’absence américaine renforce la volonté déclarée de plusieurs pays européens et partenaires de montrer qu’ils peuvent coordonner des réponses propres à assurer leur sécurité maritime.
Refus d’une intervention militaire directe
Aucun participant ne semble prêt à recourir à une opération militaire pour forcer l’ouverture du détroit tandis que les combats se poursuivent et que les risques pour les navires sont élevés. Les autorités ont souligné que l’utilisation de la force exposerait les navires à des missiles antinavires, à des drones‑attaque et à des mines, et resterait une option à la fois dangereuse et peu réaliste. Le président français a explicitement écarté l’idée d’une opération militaire de grande ampleur, la qualifiant d’irréaliste en raison des menaces côtières et des capacités balistiques potentiellement mobilisables.
Préparations militaires post‑conflit et coopération civile
Les dirigeants ont signalé que des planificateurs militaires de plusieurs pays se réuniraient prochainement pour élaborer des scénarios visant à sécuriser les transports maritimes « après la fin des combats ». Le Premier ministre britannique a insisté sur la difficulté de la reprise du trafic et sur la nécessité d’un front uni combinant capacités militaires, efforts diplomatiques et coopération avec l’industrie maritime. La coalition cherche aussi à définir quelles capacités navales chaque pays peut offrir et comment coordonner escorts, surveillance et protection des convois commerciaux.
Bilan des attaques et position iranienne
Depuis le déclenchement des hostilités fin février, le Golfe a été le théâtre de nombreuses attaques directes contre des navires commerciaux, occasionnant des pertes humaines et des dégâts matériels significatifs. Les autorités iraniennes ont affirmé que les navires « non hostiles » pouvaient transiter par le détroit et que la fermeture ne concernait que les navires de pays qualifiés d’ennemis ou de leurs alliés. Cette position rend les négociations délicates et plaide pour des démarches diplomatiques directes avec Téhéran comme l’une des voies privilégiées par certains responsables présents au sommet.
La réunion de jeudi est présentée par ses organisateurs comme une première étape politique majeure: établir un cadre commun, mobiliser une coalition large et lancer des travaux concrets pour protéger le passage maritime sans recourir immédiatement à des opérations militaires. Les prochaines semaines seront déterminantes pour transformer la déclaration politique en mesures opérationnelles tangibles et pour déterminer si la diplomatie multilatérale pourra ramener la sécurité nécessaire au détroit d’Ormuz.