Le Sénégal zimbabwéen approuve un amendement constitutionnel qui maintiendra Mnangagwa jusqu’en 2030
Zimbabwe : le Sénat adopte un amendement pour maintenir Mnangagwa au pouvoir jusqu’en 2030
Le Sénat du Zimbabwe a approuvé le 24 juin 2026 un amendement constitutionnel qui prolonge le mandat présidentiel et modifie le mode d’élection du chef de l’État, ouvrant la voie à la conservation du pouvoir par Emmerson Mnangagwa jusqu’en 2030.
Résultat du vote au Sénat
Le texte a été adopté mercredi par une majorité écrasante au Sénat, où 75 sénateurs ont voté en faveur et quatre contre, selon la présidence de la chambre. Ce vote intervient après l’adoption du même projet par l’Assemblée nationale la semaine précédente, où 216 députés ont soutenu le texte contre 42 opposants. Le projet de loi doit désormais être promulgué par le président pour entrer en vigueur.
Principales modifications constitutionnelles
L’amendement introduit plusieurs changements majeurs. La durée des mandats, tant présidentiels que parlementaires, passe de cinq à sept ans. Par ailleurs, la procédure d’élection du président est profondément révisée : le chef de l’État ne serait plus élu au suffrage universel direct mais par un vote du Parlement. Ces dispositions redessinent la structure institutionnelle et la temporisation du pouvoir exécutif.
Poids parlementaire du ZANU-PF et trajectoire législative
Le parti au pouvoir, l’Union nationale africaine-Front patriotique du Zimbabwe (ZANU-PF), qui détient une large majorité au Parlement, a piloté l’initiative depuis son lancement l’année précédente. La stratégie du parti, annoncée au début de l’année, visait explicitement à modifier la Constitution pour étendre les mandats. La majorité parlementaire a permis le passage accéléré du projet à travers les deux chambres, malgré l’opposition parlementaire et les critiques exprimées lors des débats.
Opposition politique et allégations d’intimidation
L’opposition, déjà affaiblie par des années de contraintes politiques, a dénoncé l’opération comme un renforcement autoritaire du contrôle du ZANU-PF. Des membres de l’opposition et des activistes ont signalé des intimidations et des actions violentes lors de tentatives de mobilisation contre l’amendement, y compris des arrestations et des agressions attribuées à des agents présumés de l’État. Ces allégations ont contribué à un climat de tension intérieure et à la multiplication des recours judiciaires, qui n’ont cependant pas interrompu le processus législatif.
Tentatives judiciaires et réactions de la société civile
Plusieurs contestations ont été engagées devant les tribunaux pour invalider ou freiner la procédure d’amendement. Ces actions n’ont, à ce stade, pas empêché l’adoption du texte en Parlement. Des organisations de défense des droits et des acteurs de la société civile ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient d’érosion des garanties démocratiques, pointant le passage d’une élection populaire à une élection parlementaire comme une réduction significative de la participation citoyenne au choix du chef de l’État.
Conséquences institutionnelles et perspectives politiques
Si l’amendement est promulgué, il modifiera durablement les équilibres institutionnels au Zimbabwe : un mandat présidentiel plus long couplé à une élection parlementaire pourrait renforcer la centralité du parti majoritaire dans la désignation du pouvoir exécutif. Les analystes politiques prévoient que ces changements favoriseront la stabilité semblante du pouvoir en place, tout en alimentant les tensions entre le gouvernement et les forces politiques et sociales opposées.
La promulgation attendue du texte par le président Mnangagwa est la prochaine étape formelle. Au-delà de la procédure légale, l’adoption de cet amendement pose des questions sur l’avenir du débat politique au Zimbabwe, sur la capacité des institutions à garantir la transparence des processus électoraux internes et sur le rôle de la société civile dans la protection des libertés publiques.