« Le système monarchique marocain est le meilleur du monde arabe »
S’exprimant à Marrakech, le secrétaire général du PJD a réaffirmé son soutien à l’institution royale, qualifiant le « système monarchique marocain de meilleur du monde arabe ». Il estime que la monarchie « garantit non seulement la stabilité, mais protège également les faibles contre la domination des puissants ».
Cette défense de la monarchie s’accompagne de critiques à l’égard de la classe politique, notamment de son propre parti. M. Benkirane a affirmé que “lorsque les partis se battaient pour des principes, l’intérêt des gens pour ces principes était élevé, mais lorsque les négociations et les arrangements commençaient, les gens perdaient confiance en eux”. Il distingue les partis « nés du peuple » comme le PJD ou l’Istiqlal, de ceux « fondés par l’État » comme le RNI ou le PAM.
« Quand le gouvernement n’écoute pas, la société explose différemment »
L’ancien Premier ministre n’a pas mâché ses mots à l’égard de l’actuel exécutif, déplorant son manque de communication. “Je ne connais pas les ministres d’aujourd’hui. (…) Aujourd’hui, personne ne parle”, a-t-il déclaré, avant de viser directement son successeur : “M. Aziz Akhannouch n’a aucune expérience politique. Il est entré en politique avec son argent, mais la politique, ce n’est pas qu’une question d’argent.”
Abdelilah Benkirane a établi un lien direct entre le silence du gouvernement et les récentes manifestations de la « Génération Z ». Il a affirmé que son parti avait « contribué à l’émergence » de ce mouvement en révélant les « dysfonctionnements du gouvernement », qui n’y « prêtait aucune attention ». « Lorsque le gouvernement n’écoute pas, la société explose différemment », a-t-il prévenu.
Il a également critiqué le projet de loi visant à subventionner les campagnes des jeunes candidats aux élections, le considérant comme une mesure « inutile » et une « forme de copinage ». Selon lui, les jeunes sont descendus dans la rue pour corriger de réels déséquilibres, et non par manque de soutien financier pour s’impliquer.
Entre autres sujets abordés, M. Benkirane s’est opposé à l’augmentation des quotas de femmes au Parlement, estimant que le nombre actuel était suffisant. Il a également vivement critiqué la décision du ministère des Affaires islamiques d’unifier les prêches du vendredi, y voyant une mesure qui “pourrait menacer la prière du vendredi elle-même” en lui faisant perdre sa “vitalité”.