Le TPLF déclare une guerre totale en Éthiopie contre le gouvernement d’Abiy Ahmed
Le nord de l’Éthiopie bascule vers une guerre plus large après une contre-offensive meurtrière en Amhara
L’armée éthiopienne affirme avoir tué 272 combattants du TPLF lors d’une contre-offensive en Amhara; le TPLF annonce une « guerre totale » et forme une alliance.
Le gouvernement fédéral et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) sont engagés dans une nouvelle phase d’affrontements qui menace d’embraser plusieurs régions du nord de l’Éthiopie. Le 24 septembre 2026, les forces gouvernementales ont annoncé avoir infligé de lourdes pertes au TPLF lors d’une contre-offensive conduite dans la région d’Amhara, tandis que le TPLF a déclaré être désormais dans une « situation de guerre totale » et a confirmé son combat aux côtés d’autres groupes armés régionaux.
Bilan humain de la contre-offensive en Amhara
L’armée fédérale a annoncé des chiffres élevés de pertes au sein des rangs tigréens, évoquant notamment 272 tués, 260 blessés et plusieurs capturés au terme d’opérations menées dans le nord-ouest du pays. Ces chiffres traduisent une intensification remarquable des combats après des attaques revendiquées par le TPLF et ses alliés dans le Nord Wollo, une zone de l’Amhara frontalière du Tigré. Les détails sur le sort des civils touchés par ces affrontements sont pour l’heure limités, mais la reprise des opérations militaires augmente les risques humanitaires dans des zones déjà fragiles.
Formation d’une nouvelle coalition d’opposants
Les combats interviennent quelques jours après l’annonce d’une coalition rassemblant le TPLF et six autres mouvements armés éthiopiens, dite Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie. Cette alliance regroupe des formations régionales telles que le nouveau mouvement national Amhara Fano, l’Armée de libération Oromo et des forces issues des États de Somali, Afar et Benishangul-Gumuz. La coalition vise, selon ses déclarations, à contester la légitimité et les actions du gouvernement central, marquant un réalignement qui transcende des griefs locaux et crée un front multiple contre Addis-Abeba.
Contrôles d’infrastructures et perturbations du transport
Sur le terrain, les forces tigréennes ont réussi à s’emparer de plusieurs infrastructures locales, dont trois aéroports régionaux, entraînant la suspension de vols commerciaux et des fermetures temporaires. Les vols vers Lalibela, site classé au patrimoine mondial connu pour ses églises monolithes, ont été interrompus après des combats signalés autour de la ville. La perte ou la fermeture d’installations aériennes complique l’acheminement de l’aide, la mobilité des populations et la capacité des autorités à gérer la crise.
Positions et déclarations des acteurs politiques
La tension a été mise en évidence à l’échelle internationale par les prises de parole des responsables éthiopiens au cours d’événements diplomatiques récents, qui dénoncent ce qu’ils qualifient d’« ingérences » et d’actes visant à déstabiliser le pays. De son côté, la direction du TPLF a déclaré ne pas disposer d’informations confirmant l’implication d’Érythrée dans le conflit, tout en reconnaissant combattre avec des groupes locaux en Afar et en Amhara. Ces déclarations illustrent la polarisation croissante et la difficulté de séparer revendications militaires et enjeux politiques dans un contexte régional complexe.
Risque d’extension aux rivalités régionales
Les analystes observent que les conflits intérieurs en Éthiopie sont de plus en plus entremêlés avec des rivalités dans la Corne de l’Afrique. Les dynamiques diplomatiques et militaires récentes entre pays voisins, ainsi que les déplacements de dirigeants et officiers militaires dans la région, amplifient le risque d’une contagion du conflit. La présence d’acteurs multiples et la multiplication des fronts compliquent la perspective d’un règlement rapide et soulignent la fragilité de la stabilité régionale.
L’extension des combats et la création d’une large coalition d’opposants placent l’Éthiopie face à un défi sécuritaire majeur avec des répercussions humanitaires et économiques considérables. La situation reste volatile, les bilans et les conséquences à moyen terme dépendront des évolutions sur le terrain et des initiatives politiques qui seront engagées pour contenir les hostilités et protéger les populations.