Les forces fédérales reprennent Mekelle après la capture du principal aéroport
Mekelle reprise par les forces fédérales après le retrait temporaire annoncé du TPLF
Les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés ont repris Mekelle et l’aéroport régional; le TPLF annonce un retrait temporaire. Tensions régionales et urgence humanitaire.
Prise de l’aéroport et avancée des troupes fédérales
Les forces fédérales éthiopiennes, soutenues par combattants alliés pro-gouvernementaux, ont repris le principal aéroport de Mekelle et ont pénétré dans la ville samedi après-midi, selon des témoins et des responsables locaux. L’entrée des forces a été signalée dans plusieurs secteurs urbains, marquant un changement d’emprise sur la capitale régionale du Tigré après plusieurs jours d’affrontements intenses. Les contrôles autour de l’aéroport ont été consolidés et des patrouilles mixtes ont été déployées dans les artères principales.
Annonce du TPLF sur un retrait « temporaire »
Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a publié un communiqué indiquant qu’il « avait temporairement quitté Mekelle » pour continuer ses opérations depuis un autre lieu. Le mouvement a qualifié ce repositionnement de tactique opérationnelle sans renoncer à ses objectifs politiques. Le TPLF, acteur central du conflit, a indiqué vouloir préserver ses capacités de combat tout en laissant ouverte la possibilité d’une reprise d’activités dans la région.
Contrôle de la ville confirmé par habitants et intervenants
Des habitants de Mekelle et des personnels humanitaires présents sur place ont fait état de la présence des forces fédérales et de combattants alliés dans divers quartiers, et ont confirmé que la ville était sous contrôle gouvernemental au cours des dernières 48 heures. Des habitants ont décrit des rues partiellement encombrées, des commerces fermés et des déplacements limités par la présence militaire. Les organisations d’assistance ont signalé des difficultés d’accès pour évaluer l’ampleur exacte des dégâts et des besoins, tandis que des communications restent partiellement perturbées.
Origine récente des affrontements et contexte historique
Les hostilités actuelles ont commencé le 23 septembre 2026, lorsque sept groupes armés et politiques ont annoncé une alliance visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et à établir une administration de transition inclusive. Cette reprise des combats survient après l’échec d’un accord de paix signé en 2022 qui avait mis fin à une guerre majeure entre le gouvernement fédéral et les forces du Tigré. La guerre de novembre 2020 à 2022 avait déjà causé des centaines de milliers de morts et le déplacement de millions de personnes, en isolant largement la région du Tigré du reste du pays et du monde.
Accusations internationales et tensions avec les voisins
L’Éthiopie a accusé plusieurs pays de la région de soutenir la coalition d’opposition, provoquant des ripostes diplomatiques et des dénégations publiques de la part des États interpellés. Des relations diplomatiques se sont rompues, notamment entre l’Éthiopie et certains voisins, exacerbant les craintes d’une contagion du conflit à l’échelle régionale. Les observateurs affichent leur préoccupation face au risque d’un élargissement des hostilités, qui pourrait impliquer directement des États frontaliers et nuire aux routes commerciales et humanitaires déjà fragilisées.
Impact humanitaire immédiat et appels à la retenue
La reprise des combats et le changement de contrôle à Mekelle ravivent les inquiétudes humanitaires. De larges mouvements de population sont à craindre, alors que de nombreuses familles cherchent refuge à l’intérieur de la région ou tentent de fuir vers des zones plus sûres. Les infrastructures civiles, déjà affaiblies par les conflits antérieurs, restent vulnérables et les réseaux d’approvisionnement en nourriture, eau et soins médicaux sont sous forte pression. Les acteurs internationaux ont appelé à la retenue et à la protection des civils, en demandant un accès humanitaire sans entrave pour évaluer et répondre aux besoins urgents.
Les développements à Mekelle marquent une nouvelle phase dans un conflit profondément enraciné. La situation sur le terrain reste fluide et susceptible d’évoluer rapidement. Les prochaines heures et jours seront déterminants pour la stabilité locale et régionale, le déploiement des forces en place et la capacité des organisations humanitaires à intervenir. Les acteurs politiques et militaires nationaux et internationaux font face à la nécessité d’éviter une escalade et de favoriser des voies politiques pour une désescalade durable.