Les jeunes marocains se mobilisent
“Nous ne voulons pas de Coupe du monde, nous voulons des soins de santé.” C’est le slogan chanté pendant plusieurs jours dans les rues de Rabat, Casablanca et Tanger, par des jeunes qui ont répondu à l’appel à démontrer le collectif Genz 212. Les manifestants ont exprimé leur colère contre le chômage, l’ampleur de la corruption et la catastrophe observée dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Selon le commerce économique cité par El ConfidencialLe taux de chômage au Maroc est de 12,8% au niveau national et de 37% chez les jeunes qui, faute d’opportunités, tentent d’émigrer chaque année, au risque de leur vie.
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Les manifestations ont été durement supprimées par la police. Les chiffres officiels montrent plus de 400 arrestations et trois morts. Parmi les victimes, deux jeunes massacrés par les agents de Lqliaa, près d’Agadir, alors qu’ils essayaient, selon la version officielle, d’attaquer une brigade de la gendarmerie royale. La réponse jugée disproportionnée à la police marocaine a incité certains manifestants à considérer le boycott de la Coupe africaine des Nations 2025 prévue au Maroc, un pays de passionnés de football.
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En 2018, la chanson F’Bladi Delmouni (“Dans mon pays, j’étais opprimé”), chantée par Raja Ultras, est devenue virale comme un cri contre la corruption et le chômage. En tant que sociologue de l’Université de Mekns pour le monde, “le stade est leur espace d’existence”. Pour ces jeunes, appartenant à un groupe ultra offre ce que la société leur refuse: une identité, une protection, un sentiment d’appartenance.
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L’État a toujours répondu par répression à cette ultra puissance. Plusieurs jeunes de Raja et Wydad ont été condamnés à des peines jusqu’à quinze ans de prison, et des arrestations massives ont eu lieu après chaque épisode de protestation, que ce soit lors du boycott de l’hymne national en 2018 ou des manifestations contre la normalisation avec Israël. Le Maroc se prépare à montrer au monde une image de la modernité avec la Coupe du monde 2030 qu’elle organisera conjointement avec l’Espagne et le Portugal. Mais les jeunes censés remplir les stands expriment déjà une insatisfaction.