Les Marocains réclament justice pour un « crime contre l’humanité »
Dans une correspondance, Mohamed El Aâti Allah, président de l’Association de défense des victimes marocaines des déplacements forcés, demande au président du Conseil national des droits de l’homme d’émettre une recommandation sur le déplacement forcé et collectif des Marocains d’Algérie en 1975.
Aux yeux d’El Aâti Allah, le déplacement forcé et collectif qui a touché des milliers de citoyens marocains résidant légalement en Algérie constitue l’une des plus graves violations des droits de l’homme, ayant laissé des séquelles psychologiques, sociales et économiques encore présentes à ce jour. Les victimes ont été privées de leurs droits et de leurs biens, leurs biens et leurs salaires ont été confisqués, et les déplacements forcés ont conduit à la séparation des maris et des femmes, à la privation des enfants de leurs parents, ainsi qu’à des cas d’arrestation, de torture et de disparition forcée lors des expulsions vers le Maroc, précise-t-on dans un communiqué.
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El Aâti Allah est convaincu que l’émission d’une recommandation du Conseil national des droits de l’homme, en tant qu’institution constitutionnelle, conférerait une légitimité officielle au dossier et renforcerait les revendications légitimes des victimes en termes de réparation et de restitution des droits et biens confisqués. Cette recommandation contribuerait également à inscrire cette question parmi les priorités du débat public et des politiques nationales relatives à la justice et à la dignité humaine.
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Son association appelle le Conseil à “condamner le déplacement collectif et forcé des citoyens marocains en 1975, ainsi que les graves violations des droits de l’homme qui l’ont accompagné, et à qualifier ces actes criminels de crimes contre l’humanité conformément aux lois et normes internationales en vigueur”. Elle est convaincue que le Conseil, fidèle à son attachement aux causes de justice et d’équité, accordera à cet appel toute l’attention nécessaire, au service du droit, en réparation des victimes marocaines en Algérie et en hommage à leur mémoire collective et juridique, ajoute la même source.