Les sardines marocaines vont-elles disparaître des supermarchés français ?
La décision est radicale, à la mesure de la crise qui frappe le secteur. Depuis le 1er février, aucune sardine congelée ne quittera le territoire marocain. Cette mesure, annoncée au Parlement par la secrétaire d’État chargée de la pêche maritime, Zakia Driouich, a un objectif clair : garantir l’approvisionnement du marché national et calmer les prix d’un produit de première nécessité, notamment à l’approche du Ramadan.
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Le constat est alarmant : les débarquements de sardine ont chuté de 46 % en seulement deux ans, passant de 966 000 tonnes en 2022 à environ 525 000 tonnes en 2024. Entre conditions climatiques défavorables et hausse des coûts, l’offre se raréfie, obligeant les autorités à privilégier la demande intérieure.
Les conserveries françaises en alerte
De l’autre côté de la Méditerranée, cette annonce a fait l’effet d’une bombe. Les conserveries françaises, ultra dépendantes des eaux marocaines, alertaient déjà sur une pénurie de la matière première. Les sardines marocaines sont incontournables pour les industriels bretons : la France transforme environ 20 000 tonnes de sardines par an, dont la majorité provient du Royaume.
Les conséquences pour le consommateur français s’annoncent graves. Les boîtes de sardines, notamment les gammes « premier prix », disparaissent déjà des rayons d’enseignes comme Auchan ou Intermarché. Christian Racle, président de la Confédération des conserveries de poisson, prévient que le prix au kilo pourrait tout simplement doubler si la situation perdure.
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Au-delà de la gestion de crise, cette décision met en évidence la fragilité du modèle de pêche marocain. Si le Royaume reste le premier exportateur mondial de ce poisson, une étude citée par l’ONU pointe un gaspillage colossal : les chalutiers rejettent jusqu’à 43,7 % de leurs captures. Un gaspillage qui, couplé au réchauffement des eaux, explique l’épuisement actuel des stocks.