L’Éthiopie expulse six diplomates soudanais et ferme le consulat d’Assosa après plainte soudanaise
Crise diplomatique entre l’Éthiopie et le Soudan après l’expulsion de six diplomates
L’Éthiopie a ordonné l’expulsion de six diplomates soudanais et a fermé le consulat de la ville frontalière d’Asosa, intensifiant un affrontement diplomatique marqué par des accusations croisées de soutien à des groupes armés et des frappes transfrontalières.
Expulsion de six diplomates et fermeture du consulat
L’ordre d’expulsion imposait un délai de 48 heures au personnel consulaire soudanais à Asosa, près de la frontière commune. Les autorités éthiopiennes ont également annoncé la fermeture du consulat, mesure qui s’inscrit dans une série de démarches diplomatiques récentes entre Addis-Abeba et des pays voisins. Le départ du personnel a été exécuté rapidement, selon des informations locales, sans qu’une justification détaillée ait été publiée par les autorités éthiopiennes.
Accusations croisées entre Khartoum et Addis-Abeba
Les tensions se sont fortement aggravées après qu’une plainte officielle du Soudan a accusé l’Éthiopie de permettre l’utilisation de son territoire par les Rapid Support Forces (RSF) pour lancer des attaques, notamment par drones, contre des infrastructures civiles soudanaises. En retour, l’Éthiopie accuse le Soudan — ainsi que l’Égypte et l’Érythrée — de soutenir des groupes rebelles qui opèrent dans la région du Tigré. Les deux gouvernements continuent de nier ouvertement les soutiens allégués, mais les échanges d’accusations alimentent les craintes d’une escalade régionale.
Frappes de drones et perturbations des services essentiels
Des frappes de drones visant des sous-stations électriques ont provoqué des coupures de courant dans plusieurs villes du nord du Soudan, affectant l’approvisionnement en eau et menaçant des services médicaux essentiels. Ces attaques ont aggravé une situation humanitaire déjà dramatique liée au conflit domestique soudanais, qui a entraîné un très grand nombre de morts et des mouvements massifs de population depuis 2023. Les perturbations des infrastructures rendent plus difficile l’accès aux soins et aux ressources de base pour des millions de civils.
Contexte militaire et pression sur les capacités soudanaises
L’armée soudanaise reste engagée dans de violents combats contre les RSF sur plusieurs fronts intérieurs. Une confrontation militaire directe avec l’Éthiopie présenterait un risque élevé pour un appareil militaire déjà sollicité par le conflit interne. Khartoum affirme son droit de défendre son territoire tout en affirmant chercher à éviter une guerre ouverte avec Addis-Abeba; cependant, la combinaison d’attaques transfrontalières et d’accusations de soutien extérieur accroît la probabilité d’erreurs de calcul et d’incidents incontrôlés.
Répercussions diplomatiques régionales
La décision d’expulser des diplomates soudanais intervient après une série d’autres ruptures diplomatiques récentes. L’Éthiopie a expulsé dix diplomates érythréens et fermé son ambassade en Érythrée le 1er octobre 2026, entraînant une rupture des relations avec Asmara. Elle a également procédé, le mois précédent, à l’expulsion d’un diplomate égyptien dans un contexte de tensions persistantes autour du barrage sur le Nil Bleu. Ces mouvements illustrent une dégradation des relations bilatérales entre plusieurs États de la Corne de l’Afrique et du bassin du Nil, avec des implications potentielles pour la sécurité et la coopération régionale.
Scénarios d’escalade et voies diplomatiques possibles
Les analystes avertissent que la juxtaposition de conflits internes et de rivalités régionales peut conduire à une contagion plus large si des mécanismes de désescalade ne sont pas rapidement mis en place. La fermeture de consulats et les expulsions diplomatiques réduisent les canaux de communication et compliquent la gestion des crises transfrontalières. Des mesures de confiance, des enquêtes indépendantes sur les allégations d’utilisation de territoires pour des attaques et des médiations régionales seraient nécessaires pour limiter les risques d’une confrontation armée directe.
La situation reste volatile et pourrait évoluer rapidement si de nouveaux incidents transfrontaliers surviennent. Les États de la région et les partenaires internationaux sont confrontés au défi d’empêcher que des disputes bilatérales n’entraînent une instabilité accrue dans une zone déjà marquée par des crises humanitaires et des tensions politiques.