L’Éthiopie ferme son ambassade à Asmara et déclare 10 diplomates érythréens persona non grata
L’Érythrée rompt ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie après l’expulsion de diplomates
L’Érythrée annonce la rupture des liens diplomatiques après la fermeture de l’ambassade d’Addis-Abeba et l’expulsion de dix diplomates; les combats se multiplient et la région risque une nouvelle escalade.
Le 1er octobre 2026, l’Érythrée a déclaré la rupture complète de ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie, en réponse à la décision d’Addis-Abeba de fermer son ambassade à Asmara et de déclarer dix diplomates érythréens persona non grata. Cette escalade intervient alors que des combats violents opposent les forces fédérales éthiopiennes à une coalition d’opposants armés, amplifiant le risque d’une confrontation régionale plus large.
Fermeture de l’ambassade d’Addis-Abeba à Asmara
La décision d’Addis-Abeba de fermer son ambassade à Asmara a été justifiée par le gouvernement éthiopien comme une mesure de riposte aux “actes directs et indirects d’hostilité” imputés à l’Érythrée. Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a exigé le départ de dix diplomates érythréens, dont des représentants accrédités auprès d’organismes internationaux, les qualifiant de menace pour la sécurité nationale et leur donnant 48 heures pour quitter le territoire.
Mesures réciproques annoncées par l’Érythrée
En réaction, le ministère érythréen des Affaires étrangères a annoncé la rupture de tous les liens diplomatiques avec l’Éthiopie ainsi que la mise en œuvre des conséquences diplomatiques afférentes. Le communiqué érythréen a qualifié d’infondées les accusations de soutien aux opposants et a dénoncé ce qu’il décrit comme une politique éthiopienne d’hostilité continue visant, selon lui, à obtenir un accès à la mer Rouge.
Accusations croisées et implication de tiers
Les deux capitales se sont mutuellement accusées d’ingérence. Addis-Abeba a pointé du doigt l’Érythrée, ainsi que d’autres États de la région, pour leur soutien présumé à une alliance d’opposition incluant le Front populaire de libération du Tigré (TPLF). En retour, Asmara accuse l’Éthiopie d’héberger, d’entraîner et d’armer des groupes visant à déstabiliser l’Érythrée. Ces accusations accrues compliquent toute médiation et durcissent les positions diplomatiques.
Situation militaire et théâtre des affrontements
Depuis le début des derniers affrontements, des explosions ont été entendues dans la capitale éthiopienne et des combats ont été rapportés dans la région nord de l’Afar. Des responsables régionaux ont affirmé que des éléments étrangers seraient intervenus dans la zone, contribuant à l’intensification des opérations. Ces combats représentent, selon les observateurs, la plus forte escalade depuis la guerre civile de 2020-2022, déjà responsable de pertes humaines et de déplacements massifs.
Antécédents historiques et trajectoire des relations
Les relations entre l’Érythrée et l’Éthiopie ont été marquées par des décennies de conflit et de ruptures. Après l’annexion de l’Érythrée par l’Éthiopie en 1962, une longue lutte a conduit à l’indépendance de l’Érythrée en 1993 sous la direction de son actuel président. L’arrivée au pouvoir du Premier ministre éthiopien en 2018 avait ouvert une période de normalisation diplomatique, mais des désaccords persistants, notamment sur la question d’un accès éthiopien à la mer, ont ravivé les tensions.
Risques régionaux et équilibres diplomatiques
La rupture des relations diplomatiques et l’expulsion de diplomates accroissent le risque d’une contagion du conflit au-delà des frontières éthiopiennes et érythréennes. Les accusations mutuelles impliquant des acteurs régionaux peuvent exacerber les rivalités préexistantes et compliquer les efforts de désescalade. Les voies diplomatiques classiques sont aujourd’hui entravées, ce qui réduit les options pour une résolution pacifique immédiate.
Les développements des dernières 48 heures placent la Corne de l’Afrique dans une phase de haute tension. La fermeture de représentations diplomatiques, les expulsions et la multiplication des affrontements sur le terrain exigent une attention accrue des acteurs régionaux et internationaux pour éviter une escalade incontrôlée. Les populations civiles des zones affectées risquent d’être les premières victimes d’une confrontation prolongée, avec des conséquences humanitaires et sécuritaires significatives.