L’immobilier marocain en crise : prix en baisse et ventes en chute au premier trimestre 2026
Le marché immobilier marocain en forte chute au premier trimestre 2026
Les prix des actifs immobiliers au Maroc ont chuté de 2,4 % au premier trimestre 2026, marquant un début d’année difficile pour le secteur selon Bank Al-Maghrib.
Baisse généralisée des prix des actifs immobiliers
La récente note publiée par Bank Al-Maghrib et l’Agence nationale de la conservation du foncier, du cadastre et de la cartographie révèle un recul significatif des prix immobiliers au Maroc. Tous les segments du marché sont touchés par cette tendance préoccupante. En effet, le résidentiel et le foncier affichent une baisse marquée de 3 %, tandis que les biens à usage professionnel ne présentent qu’une résistance limitée, avec une diminution de 0,8 %.
Chute alarmante du nombre de transactions
Le rapport met également en lumière un effondrement des ventes, avec une chute des transactions atteignant 40,2 % par rapport au quatrième trimestre de 2025. Ce déclin est particulièrement prononcé dans le secteur résidentiel, où les transactions ont baissé de 38,4 %. Les appartements, maisons et villas subissent des baisses respectives de 37,5 %, 51,6 % et 53,1 %. Les prix suivent cette tendance : les appartements et maisons affichent une baisse de 2,7 %, tandis que les villas voient une chute drastique de 6,4 %.
Impact sur le marché des terrains
Le segment foncier n’échappe pas non plus à cette dynamique négative. Les prix des terrains ont connu une diminution de 3 %, alors que le volume des transactions a chuté de 45,9 %. Les biens professionnels, quant à eux, subissent également un coup dur, avec une baisse de 40,2 % des ventes, dont un repli de 40,4 % pour les locaux commerciaux et de 39,2 % pour les bureaux.
Une tendance persistante sur un an
Sur une base annuelle, bien que la baisse des prix soit moins prononcée, elle reste tout de même négative. L’indice global des prix a reculé de 0,4 % par rapport au premier trimestre 2025. Les secteurs résidentiel et foncier enregistrent une baisse de 0,6 %, tandis que l’immobilier professionnel connaît un repli marginal de 0,1 %. En parallèle, les transactions ont diminué de 9,3 % sur un an, signalant une approche plus prudente des acteurs du marché.
Ralentissement remarquable dans les grandes villes
Les grandes villes du Maroc sont particulièrement affectées par cette tendance au ralentissement. À Rabat, les prix des biens immobiliers ont chuté de 4,7 %, concomitamment à une réduction des transactions de 55,4 %. Casablanca enregistre une baisse des prix de 2,7 % et une diminution des ventes de 37,8 %. Marrakech, bien que présentant une chute des prix plus modérée de 1,5 %, fait face à une baisse préoccupante de 51,5 % des transactions. À Tanger, les prix ont baissé de 3,9 % et les ventes de 36,4 %.
Perspectives pour les acheteurs et investisseurs
D’après ces chiffres, le marché immobilier marocain semble moins dynamique, incitant les acheteurs à faire preuve de plus de prudence. Pour certains ménages, MRE et investisseurs, la baisse des prix pourrait offrir des opportunités intéressantes. Cependant, l’écroulement des transactions indique que les frictions entre vendeurs et acheteurs persistent, rendant la situation du marché encore plus délicate.
L’avenir du secteur immobilier au Maroc reste incertain, alors que les acteurs économiques tentent de trouver un équilibre dans un contexte de tension palpable. Les prochains mois pourraient s’avérer déterminants pour anticiper une possible reprise ou une aggravation de la crise actuelle.