L’Iran attaque des installations d’aluminium à Bahreïn et aux Émirats arabes unis
Tensions dans le Golfe : l’Iran vise des usines d’aluminium à Bahreïn et aux ÉAU
L’Iran a visé des sites d’aluminium à Bahreïn et aux ÉAU le 28 mars 2026, causant plusieurs blessés, dégâts majeurs et menaces pour l’approvisionnement mondial.
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé le 29 mars 2026 qu’il avait mené, la veille, des frappes de missiles et de drones contre des installations industrielles d’aluminium à Bahreïn et aux Émirats arabes unis. Les attaques, décrites par les autorités iraniennes comme des représailles à des frappes américano-israéliennes contre des infrastructures iraniennes, ont provoqué des blessés et des dommages matériels significatifs, tandis que des États du Golfe renforcent leurs mesures de défense aérienne.
Détails des attaques et bilan humain
Le 28 mars 2026, des installations appartenant à des producteurs majeurs d’aluminium ont été touchées. Aluminium Bahrain (Alba) a confirmé que deux de ses employés avaient été blessés. Emirates Global Aluminium (EGA) a indiqué que l’un de ses sites à Abu Dhabi avait subi des dégâts importants et que six personnes avaient été blessées. Par ailleurs, un travailleur omanais a été blessé lors d’une attaque par drone au port de Salalah, où certaines opérations commerciales ont temporairement été suspendues.
Acteurs et motivations déclarées
Le CGRI a présenté ces frappes comme des représailles à une série d’opérations américano-israéliennes visant des infrastructures industrielles iraniennes, lancées depuis des bases américaines dans la région du Golfe. Les autorités iraniennes qualifient leurs actions de ciblées contre des installations liées, selon elles, à des intérêts militaires adverses. Ces déclarations interviennent alors que le conflit régional entre en cinquième semaine, avec une intensification des frappes transfrontalières.
Impact sur l’industrie de l’aluminium et l’approvisionnement
Des estimations évaluent que 4 à 9 % de l’aluminium mondial provient de la région du Golfe. La vulnérabilité d’usines et de chaînes logistiques locales soulève des craintes quant à des perturbations durables de l’offre mondiale. Les dommages à des sites de production et aux infrastructures portuaires risquent d’entraîner des retards d’expédition, une hausse des coûts de production et un renchérissement des prix sur les marchés internationaux si les attaques se multiplient ou se prolongent.
Réactions et mesures de sécurité dans les pays du Golfe
Plusieurs États du Golfe ont intensifié leurs mesures de défense. L’Arabie saoudite a indiqué avoir intercepté et détruit dix drones au cours des dernières heures. Le Koweït a signalé avoir abattu quatre drones après le déclenchement à plusieurs reprises de sirènes d’alerte. Le ministère omanais des Affaires étrangères a condamné les attaques sur son territoire et a lancé une enquête sur leurs origines et leurs motifs. Pendant ce temps, certains opérateurs portuaires et transporteurs internationaux ont suspendu temporairement des activités dans des ports touchés ou jugés à risque.
Conséquences pour le trafic maritime et la logistique
Les ports du Golfe jouent un rôle clé dans le transit des matières premières et des produits manufacturés entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Les interruptions au port de Salalah et la suspension partielle d’opérateurs logistiques ont déjà engendré des réorganisations de routes commerciales et des reports de cargaisons. Si la situation sécuritaire persiste, la réaffectation des flux maritimes vers d’autres terminaux et l’augmentation des primes d’assurance pourraient accroître les coûts pour les importateurs et exportateurs mondiaux.
Risque d’escalade régionale et perspectives diplomatiques
Les frappes réciproques entre l’Iran et des cibles perçues comme liées à des partenaires occidentaux ou à Israël augmentent le risque d’une escalade incontrôlée au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Les autorités politiques et militaires de la région se trouvent confrontées au dilemme de renforcer la dissuasion sans provoquer de réactions en chaîne. Les efforts diplomatiques visant à désamorcer la tension devront aborder à la fois les dimensions militaires et les enjeux économiques, notamment la protection des infrastructures industrielles vitales.
Les événements des 28 et 29 mars 2026 soulignent la fragilité des infrastructures civiles en période de conflit et la manière dont des secteurs non militaires, comme l’industrie de l’aluminium, peuvent devenir des cibles stratégiques. La poursuite des frappes et des interceptions aériennes dans les prochains jours déterminera l’ampleur des perturbations économiques et la trajectoire de la crise régionale.