Livraisons de ciment H1 2026 au Maroc: 6,8 millions de tonnes en léger recul
Ralentissement du marché du ciment au Maroc au premier semestre 2026 : livraisons en baisse
Marché du ciment au Maroc: au 30 juin 2026, livraisons cumulées à 6 801 579 t (-1,29 %) et ventes en recul, pointant vers un ralentissement du secteur.
Le marché marocain du ciment montre des signes de ralentissement au premier semestre 2026. Les livraisons cumulées à fin juin s’établissent à 6 801 579 tonnes, soit un repli de 1,29 % par rapport à la même période de 2025. Parallèlement, les ventes affichent déjà une contraction évaluée à 5,3 % à fin mai 2026, ce qui traduit une dynamique commerciale plus faible qu’attendu pour la période. Ces chiffres marquent un contraste avec les phases de croissance observées les années précédentes et soulèvent des questions sur la trajectoire du secteur pour le reste de l’année.
Bilan des livraisons à fin juin 2026
Les livraisons de ciment pour les six premiers mois de 2026 totalisent 6 801 579 tonnes. Cette quantité représente une légère baisse annuelle de 1,29 %, signe que la demande intérieure n’a pas soutenu le niveau enregistré au premier semestre 2025. Le recul reste modéré mais constant sur les mois récents, et il reflète un déséquilibre entre capacité de production et absorbation du produit sur le marché domestique.
Tendance des ventes jusqu’à fin mai 2026
Les ventes de ciment avaient déjà reculé de 5,3 % à fin mai 2026, indiquant que la demande commerciale et la consommation finale ont diminué avant la clôture du semestre. Cette différence entre la vitesse de contraction des ventes et celle des livraisons peut s’expliquer par des ajustements de stocks et par des pratiques commerciales temporaires, mais elle met en évidence une fragilité de la demande qui mérite une attention particulière des acteurs industriels et des décideurs.
Facteurs structurels et conjoncturels influant sur la demande
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce ralentissement. Sur le plan conjoncturel, un tassement de l’activité de construction résidentielle et de certains projets d’infrastructure aura réduit les besoins en matériaux. À cela s’ajoutent des effets liés à la renégociation de budgets publics, au ralentissement du crédit immobilier ou à des retards de lancement de programmes urbanistiques. Structurellement, la transformation des chaînes d’approvisionnement, la concurrence d’autres matériaux et les efforts de rationalisation des chantiers peuvent peser durablement sur les volumes demandés.
Conséquences pour la filière cimentière
Un recul modéré des volumes a des effets directs sur les marges, la gestion des stocks et les choix d’investissement des entreprises du secteur. Les cimentiers pourraient accélérer des mesures d’optimisation opérationnelle, reporter des projets d’extension de capacité ou adapter leurs politiques commerciales pour préserver les parts de marché. Sur le plan social, une contraction prolongée pourrait impacter l’emploi dans les segments liés à la logistique et à la production, même si l’ajustement pourrait se faire prioritairement via l’amélioration de l’efficience.
Scénarios pour le second semestre 2026
Pour le reste de 2026, deux scénarios principaux émergent. Dans un premier scénario prudent, la demande resterait faible, conduisant à une stabilité des volumes à un niveau inférieur à 2025 et à une pression sur les prix et les marges. Dans un scénario plus favorable, un rebond des chantiers publics ou une reprise du segment résidentiel pourrait soutenir une remontée progressive des livraisons, limitant l’impact sur l’appareil industriel. Les décisions de politique publique, les délais de financement des projets et la résilience du marché immobilier seront déterminants pour orienter l’une ou l’autre trajectoire.
Les acteurs du secteur devront surveiller de près l’évolution des commandes, ajuster leurs capacités logistiques et renforcer la flexibilité commerciale pour répondre rapidement aux variations de la demande. Un pilotage fin des stocks et une attention aux coûts unitaires resteront essentiels pour préserver la rentabilité dans un contexte marqué par une croissance atone.