L’ONU déplore cinq humanitaires tués au Soudan du Sud dans l’État de Jonglei
Attaque au Soudan du Sud : cinq travailleurs humanitaires tués dans une embuscade à Jonglei
L’ONU réclame une enquête rapide après l’embuscade à Duk (État de Jonglei) qui a coûté la vie à cinq humanitaires; plusieurs blessés et une hausse des violences signalée par la MINUSS.
Les Nations Unies ont exprimé leur profonde tristesse après la mort de cinq travailleurs humanitaires attaqués lundi dans le comté de Duk, dans l’État de Jonglei, au Soudan du Sud. Le convoi, géré par la Fondation John Dau et clairement identifié comme humanitaire, revenait d’une session de formation soutenue par le Programme alimentaire mondial lorsqu’il a été pris pour cible. Outre les victimes décédées, quatre personnes ont été blessées et plusieurs civils sont également signalés tués ou blessés. L’ONU a demandé une enquête rapide et rappelle que de telles attaques violent le droit humanitaire international.
Détails de l’embuscade et trajet du convoi
Le convoi attaqué circulait entre Payuel Payam et Pajut à Panyang Payam, dans le comté de Duk. Selon les informations rendues publiques par la fondation locale impliquée, le personnel rentrait d’une formation appuyée par le Programme alimentaire mondial lorsque les véhicules ont été pris dans une embuscade. Les véhicules portaient des marquages humanitaires visibles, indiquant leur statut non combattant. L’attaque a entraîné la mort de cinq membres du convoi et blessé quatre autres, tandis que des civils de la zone auraient également subi des pertes.
Réaction des Nations Unies et appel à l’enquête
La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) et le secrétariat onusien ont condamné l’attaque. Le porte-parole de l’ONU a exprimé une vive condamnation et a exigé une enquête rapide et transparente afin d’identifier les responsables et d’assurer que les auteurs soient tenus pour compte. L’ONU a rappelé que les agressions contre des travailleurs humanitaires sont inacceptables et constituent une violation du droit international humanitaire, aggravant l’accès à l’aide et la protection des civils dans une région déjà fragilisée.
Bilan humain et impact sur l’aide
Outre les cinq morts, la vague de violences dans la région a des répercussions directes sur les opérations humanitaires : personnel blessé, convoys interrompus et renforcement des mesures de sécurité qui retardent la distribution d’assistance. La Fondation John Dau a qualifié l’incident de « chapitre le plus grave et le plus sombre » de son histoire et a appelé partenaires et communautés à soutenir les familles des victimes. La perte d’équipes formées et de capacité locale risque de diminuer l’efficacité des programmes de secours dans une zone où l’aide est déjà indispensable.
Contexte sécuritaire selon la MINUSS
La MINUSS a récemment publié un rapport faisant état d’une forte recrudescence des violences. Entre janvier et mars, plus de 760 personnes ont été tuées, soit une augmentation de 89 % par rapport au trimestre précédent. La mission signale également une hausse des violences sexuelles liées au conflit. Ces chiffres illustrent une détérioration généralisée de la sécurité qui complique l’acheminement de l’aide et accroît la vulnérabilité des populations civiles.
Appel de la représentante spéciale et cadre légal
La représentante spéciale du secrétaire général et cheffe de la mission a appelé toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et des droits de l’homme. L’ONU insiste sur la nécessité de garantir la sécurité des travailleurs humanitaires, de permettre l’accès humanitaire sans entraves et de conduire des enquêtes indépendantes sur les attaques visant le personnel et les structures d’aide. Sans respect de ces normes, l’escalade de la violence compromettra davantage la protection des civils et la fourniture d’assistance essentielle.
Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud a été le théâtre de plusieurs conflits meurtriers, déclenchant l’une des crises humanitaires les plus graves du monde. Les attaques contre des convoys et des équipes d’aide entravent les efforts pour répondre aux besoins croissants de la population et exacerbent les déplacements, l’insécurité alimentaire et les risques pour les femmes et les enfants. La récente embuscade à Duk illustre la fragilité persistante de la situation et la vulnérabilité des acteurs locaux et internationaux en première ligne.
La communauté humanitaire locale et internationale est désormais confrontée à la double urgence de soutenir les familles des victimes et de renforcer les mécanismes de protection pour éviter de nouvelles tragédies. Les autorités locales, les groupes armés et les parties au conflit sont pressés de coopérer pour permettre des enquêtes crédibles et pour restaurer, autant que possible, un environnement sûr pour la livraison d’aide vitale.