Manifestation étudiante à l’Université de Gambie sur les transports et la démission du vice-chancelier
Étudiants de l’Université de Gambie en colère contre transports, installations et dirigeants
Étudiants de l’Université de Gambie manifestent contre le manque de transports, l’accès à l’eau et la connectivité; ils exigent la démission de dirigeants.
Lundi, des centaines d’étudiants de l’Université de Gambie (UTG) ont surpris le campus de Faraba Banta en manifestant leurs revendications devant le bureau du vice-chancelier. Les protestataires ont dénoncé des services de transport insuffisants, des infrastructures universitaires défaillantes et des conditions sanitaires précaires, tout en réclamant la démission de hauts responsables de l’établissement. Les cours ont repris après des engagements gouvernementaux visant à améliorer certains services, mais la contestation cible désormais la direction universitaire et la mise en œuvre concrète des promesses.
Transport quotidien et congestion des bus
De nombreux étudiants parcourent des distances importantes pour rejoindre le campus. Muhammed Lamin Jallow, inscrit à l’École des Arts et des Sciences, se déplace quotidiennement sur environ 40 km pour assister aux cours, dépendant des bus universitaires. Selon des témoignages d’étudiants, l’offre de transport est insuffisante pour la population étudiante — l’Union des étudiants indique que plus de 12 000 personnes pourraient être concernées — et l’embarquement se transforme souvent en une âpre compétition pour obtenir une place assise. Le gouvernement a annoncé le déploiement de 20 bus supplémentaires via la Gambia Transport Service Company pour soulager la pression, mais les étudiants estiment que ces mesures restent temporaires et insuffisantes face à la demande.
Réponses ministérielles et suivi des engagements
La réaction des autorités a été rapide sur le plan diplomatique : le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Pierre Gomez, s’est rendu sur place avec des représentants ministériels et universitaires pour écouter les doléances. Le ministère a publié un communiqué détaillant des interventions immédiates — transport renforcé, installation de distributeurs d’eau et consultation de la société nationale d’eau et d’électricité (NAWEC) — et a assuré le suivi des travaux de connectivité Internet pour les nouvelles écoles du campus. Les autorités ont également indiqué que les cafétérias étaient prêtes à rouvrir pour servir étudiants et personnel. Cependant, plusieurs points restent flous : le calendrier précis d’achèvement des travaux, le niveau de filtration de l’eau promis et la tarification des repas n’ont pas été précisés, ce qui alimente la méfiance des étudiants.
Conditions sanitaires et accès à l’eau
L’accès à l’eau potable a été au centre des revendications. Les étudiants ont signalé un approvisionnement limité et la nécessité d’une filtration supplémentaire pour rendre l’eau du campus consommable en toute sécurité. En réponse, des jarres et distributeurs ont été placés à des points stratégiques, mais les responsables universitaires admettent que des travaux complémentaires sont nécessaires. Les enjeux sanitaires se mêlent aux préoccupations économiques : l’absence de cafétérias ouvertes de manière régulière force certains étudiants à acheter des repas coûteux à l’extérieur ou à se priver, ce qui influence leur assiduité et leur santé.
Déficits d’équipements pédagogiques dans les filières pratiques
Plusieurs écoles et filières ont exposé des manques structurels qui affectent directement la qualité de la formation. À l’École de médecine et des sciences connexes, la surpopulation des salles, une ventilation insuffisante, des prises électriques défaillantes et le manque d’équipements audiovisuels sont rapportés par les représentants étudiants. Les responsables des étudiants en médecine soulignent l’absence d’un laboratoire de simulation promis, outil essentiel pour les apprentissages cliniques et la sécurité des futurs praticiens. Du côté de l’école de journalisme, des étudiants ont revendiqué la création de studios radio et télévision pour acquérir des compétences pratiques indispensables à leur profession. Le syndicat étudiant réclame par ailleurs des laboratoires scientifiques fonctionnels et un renforcement des effectifs enseignants.
Sécurité des étudiants et incidents signalés
La contestation n’est pas seulement liée aux services : elle met en lumière des risques pour la sécurité personnelle. Des témoignages font état d’agressions liées à la précarité du déplacement. Kumba Leigh, étudiante en journalisme, a décrit une agression armée survenue en avril alors qu’elle se rendait à un arrêt de bus ; blessée, elle conserve des séquelles physiques et psychologiques plusieurs mois après les faits. Ces incidents poussent les étudiants à demander un renforcement des patrouilles policières et des mesures de sécurité aux abords des arrêts et du campus.
La mobilisation étudiante place désormais la direction universitaire au centre d’une contestation politique et administrative. Outre des requêtes matérielles et de sécurité, les manifestants exigent la démission du vice-chancelier Herbert Robinson et du directeur des affaires étudiantes, affirmant qu’ils n’assument pas leurs responsabilités. Les autorités universitaires et ministérielles ont promis un dialogue continu et un suivi des engagements, mais les étudiants demandent des échéances précises et des preuves de mise en œuvre. La situation reste suivie de près par la communauté universitaire, qui attend des mesures durables garantissant l’accès à l’enseignement, la sécurité et des conditions dignes pour tous.