Manifestations étudiantes à New Delhi exigent la démission du ministre Dharmendra Pradhan
New Delhi secouée par une répression policière après une marche étudiante vers le Parlement
À New Delhi, des milliers d’étudiants dispersés lors d’une marche vers le Parlement : des dizaines blessés, la contestation exige la démission immédiate du ministre.
La capitale indienne a été le théâtre, les 20 et 21 juillet 2026, d’affrontements violents entre forces de l’ordre et manifestants — majoritairement des étudiants — qui ont convergé vers Parliament Street et Connaught Place pour exiger la démission du ministre de l’Éducation. Les lieux présentent des traces visibles de la confrontation : barricades renversées, vitrines brisées, objets personnels éparpillés et de nombreux blessés évacués. Les organisateurs et des centaines de participants dénoncent une dispersion musclée et disent déplorer un usage excessif de la force.
Scènes de chaos autour du Parlement
Des images et témoignages rassemblés sur place décrivent des gaz lacrymogènes répandus pour disperser les manifestants alors que certains groupes avaient réussi à atteindre les abords du Parlement. Plusieurs centaines de personnes ont participé à la marche, selon les organisateurs, et plus d’une centaine d’étudiants ont été blessés au cours des heurts. Les équipes de secours et des volontaires ont assisté les blessés et aidé à nettoyer le site après la dispersion. Les tentes et effets personnels installés depuis plusieurs semaines à Jantar Mantar, principal point de rassemblement, ont été endommagés ou emportés par les autorités, selon des témoignages recueillis sur place.
Origines de la mobilisation
La colère estudiantine s’est cristallisée autour de la révélation de fraudes et d’irrégularités liées à une série d’examens d’entrée nationaux qui ont affecté des millions de candidats. Des fuites de sujets, des notes contestées et des erreurs de correction ont alimenté l’inquiétude et la colère parmi une large cohorte d’étudiants, entraînant des cas tragiques de suicides dans les semaines précédentes. Ces événements ont servi de déclencheur à un mouvement qui a mis en lumière les fragilités du système d’évaluation et la pression intense pesant sur la génération Z indienne, la plus nombreuse au monde.
Réponse policière et bilan des blessés
La police de Delhi a utilisé gaz lacrymogènes et charges pour repousser la foule et a déposé plusieurs plaintes pour violences, jets de pierres et vandalisme. Les autorités ont indiqué avoir cherché à rétablir l’ordre sur des artères de la capitale paralysées par la mobilisation. De leur côté, des manifestants et des responsables de mouvements étudiants rapportent des passages à tabac et des arrestations ciblées, ainsi que la mise en hôpital de figures du mouvement. Parmi elles, un militant connu pour sa grève de la faim a été évacué vers un établissement de soins, soulevant des accusations de détention illégale auprès de ses soutiens.
Demandes du mouvement et actions du CJP
Le Cockroach Janta Party (CJP), groupe politique devenu l’un des organisateurs majeurs de la mobilisation, a présenté trois revendications claires : la démission immédiate du ministre de l’Éducation, la libération de militants confinés en milieu hospitalier et une compensation financière pour les familles des étudiants décédés en lien avec les scandales d’examen. Des porte-parole du CJP ont rencontré des représentants gouvernementaux avant la marche, mais qualifient la rencontre de décevante, dénonçant des promesses sans suite et un accueil bref. Le CJP a appelé à la poursuite des rassemblements et à la décentralisation des actions afin d’élargir la pression sur le gouvernement.
Enjeux politiques pour le gouvernement
La contestation pose un défi politique significatif au gouvernement en place. Les observateurs notent que la capacité des manifestants à mobiliser massivement, dans un contexte déjà tendu, peut accentuer les critiques d’autoritarisme formulées par l’opposition. Le Premier ministre, qui n’a pas pris la parole publiquement pendant les principales journées de mobilisation, apparaît confronté à un dilemme : ouvrir des négociations pour apaiser la rue ou maintenir une posture ferme face aux protestations. Le choix du pouvoir aura des conséquences sur l’équilibre politique à court terme et sur la confiance d’une jeunesse qui réclame transparence et responsabilité.
Malgré la répression et les tensions, des centaines de manifestants se sont rassemblés à nouveau sur les lieux dans les jours qui ont suivi, affirmant leur détermination à poursuivre la lutte tant que leurs revendications ne seront pas entendues. Les prochains jours seront cruciaux pour mesurer l’ampleur durable du mouvement et la réponse des autorités.