Maroc : 1 400 centres réhabilités, 8 CHU et hausse du personnel médical
Le Maroc accélère la réforme de son système de santé : 1 400 centres réhabilités et huit CHU désormais opérationnels
Le gouvernement annonce la réhabilitation de 1 400 centres de soins primaires entre 2021 et 2026, l’ouverture de huit CHU et un plan pour porter à 30 le nombre de professionnels de santé pour 10 000 habitants d’ici 2027.
Résumé des travaux de réhabilitation 2021–2026
Entre 2021 et 2026, l’État a mené un vaste programme de rénovation des infrastructures sanitaires. Selon le bilan communiqué, 1 400 établissements de soins primaires ont été réhabilités pour améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales et reculées, citant des localités comme Anfgou, Akhfenir et Sidi Moussa. Un second volet est en cours : 1 600 autres centres sont actuellement en travaux ou en préparation pour réhabilitation afin d’étendre ce réseau de proximité.
Progression des Centres Hospitaliers Universitaires
En 2021, le pays ne disposait que de quatre CHU, un nombre jugé insuffisant. Le gouvernement a lancé un programme visant à doter chaque région d’un CHU. Aujourd’hui, huit CHU sont opérationnels, dont ceux de Tanger, Agadir et Rabat. Les autorités indiquent que les CHU de Laâyoune et Dakhla doivent être ouverts avant la fin de 2026. Par ailleurs, d’autres CHU sont programmés à l’horizon 2027 pour des villes comme Guelmim, Errachidia et Béni‑Mellal, ce qui, avec la création d’hôpitaux régionaux et provinciaux, porte la capacité d’accueil nationale à plus de 8 000 lits.
Renforcement de la formation et des effectifs médicaux
Face à un déficit historique de ressources humaines — 17,4 professionnels de santé pour 10 000 habitants en 2021, contre un minimum recommandé par l’OMS de 23 pour 10 000 — le gouvernement a révisé le cadre de formation des médecins et élargi les capacités d’accueil des filières médicales. La durée des études de médecine a été réduite de sept à six ans et les capacités d’admission dans les facultés et instituts ont été multipliées par 2,3. Quatre nouvelles facultés de médecine et pharmacie ont été créées à Béni‑Mellal, Guelmim, Laâyoune et Errachidia. L’objectif affiché est d’atteindre 30 professionnels de santé pour 10 000 habitants d’ici 2027, dépassant ainsi la norme OMS citée.
Améliorations des conditions de travail et rémunérations
Pour réduire l’exode et motiver le personnel, des mesures salariales et statutaires ont été engagées. Les rémunérations des médecins ont été relevées et sont désormais indiquées comme situées entre 3 600 et 3 900 dirhams par mois selon les grades et fonctions. Les salaires des infirmiers et techniciens ont également été augmentés, avec une hausse fixe annoncée de 500 dirhams pour ces catégories. Ces revalorisations s’accompagnent d’initiatives visant à améliorer l’attractivité des postes en milieu rural, via des incitations et des conditions de travail renforcées.
Financement et gouvernance territoriale
Le développement du secteur a été soutenu par une augmentation notable des moyens financiers : le budget alloué à la santé a été doublé afin de couvrir la réhabilitation des infrastructures, l’extension des capacités hospitalières, l’augmentation des effectifs et les revalorisations salariales. En parallèle, la mise en place de groupes de santé territoriaux vise une gouvernance décentralisée, permettant d’adapter les décisions et les ressources aux besoins locaux et d’améliorer la gestion des établissements.
La stratégie présentée combine investissements structurels, réforme de la formation et mesures sociales pour le personnel. Les autorités avancent que ces actions doivent améliorer l’accès aux soins, réduire les inégalités territoriales et renforcer la résilience du système sanitaire. Le déploiement des CHU régionaux et l’augmentation programmée du nombre de professionnels restent des points cruciaux pour juger de l’impact réel de ces réformes dans les années à venir.