Maroc : 45 000 bénéficiaires de la formation par apprentissage en 2026, objectif 100 000
Le gouvernement annonce 45 000 apprentis en 2026 et vise 100 000 bénéficiaires cette année
Le gouvernement porte à 45 000 le nombre d’apprentis en 2026 et vise 100 000 bénéficiaires, avec 606 métiers révisés et un soutien de 5 000 MAD par apprenti.
Le ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences a annoncé que 45 000 personnes bénéficient du programme national de formation par apprentissage pour l’année 2026, un niveau nettement supérieur aux précédentes années. L’exécutif a fixé pour objectif d’atteindre 100 000 apprentis d’ici la fin de l’année en cours, en mobilisant l’ensemble des parties prenantes et des administrations concernées. Cette montée en puissance intervient alors que le pays compte près de 900 000 chômeurs sans diplôme, situation que le gouvernement entend adresser par l’extension et l’adaptation de la formation par apprentissage.
Chiffres et objectifs du programme d’apprentissage 2026
Le point d’étape présenté par le ministre met en lumière un accroissement significatif du nombre de bénéficiaires par rapport aux années où les inscrits oscill aient entre 9 000 et 20 000. Le cap de 100 000 apprentis fixé pour l’année traduit une ambition de massification des parcours qualifiants. Le dispositif cible en priorité les publics peu ou pas diplômés afin de réduire le chômage structurel parmi ces catégories. Le ministre a rappelé que le programme est conçu comme un levier pour la transition vers l’emploi, en combinant formation théorique et pratique en entreprise.
Révision et détaillage des 606 métiers
Une décision publiée le 4 mai a actualisé la liste des métiers éligibles au parcours d’apprentissage, qui compte désormais 606 professions. Pour chaque métier, la décision précise les compétences attendues, le mode de formation — théorique et pratique — et la durée, comprise entre 6 et 22 mois selon la spécialité. Cette normalisation vise à garantir l’homogénéité des parcours, la clarté des référentiels et la lisibilité des compétences acquises pour les employeurs. Le diplôme délivré à l’issue de la formation reste accrédité par l’État, assurant une reconnaissance nationale.
Financement et incitations aux employeurs
Dans le but d’encourager l’accueil des apprentis, le gouvernement a porté à 5 000 dirhams le soutien annuel versé aux établissements et aux entreprises d’accueil. Cette allocation est destinée à couvrir les frais de formation et les matières premières nécessaires à l’apprentissage. L’augmentation de cette aide s’inscrit dans une logique d’incitation financière pour multiplier les places offertes en milieu professionnel et améliorer la qualité des formations pratiques.
Secteurs ciblés et certification d’État
Le programme couvre une diversité de secteurs économiques : agriculture, pêche maritime, artisanat, tourisme et assistance médicale, parmi d’autres. L’enjeu est d’adapter les compétences aux besoins réels du marché du travail et de favoriser l’employabilité à la sortie. La délivrance d’un diplôme d’État à l’issue de la formation renforce l’attractivité du dispositif et facilite la reconnaissance des compétences acquises par les employeurs, publics et privés.
Mesures d’élargissement de l’accès et inclusion
Le gouvernement a élargi la tranche d’âge des bénéficiaires en portant la limite supérieure à 50 ans, afin d’inclure des catégories auparavant exclues, notamment des femmes opérant au sein de coopératives. Cette mesure vise à favoriser l’insertion professionnelle de publics variés et à promouvoir l’égalité d’accès à la formation tout au long de la vie. L’élargissement des publics ciblés s’accompagne d’efforts pour diversifier les parcours de formation et faciliter la reconversion professionnelle.
Bilan du dialogue social et réformes salariales et réglementaires
Le ministre a également dressé un état des lieux du dialogue social mené pendant le mandat, soulignant un engagement budgétaire de plus de 49 milliards de dirhams ayant débouché sur plusieurs avancées sociales. Les rounds de négociation ont conduit à l’augmentation des revenus de plus de 4,25 millions de fonctionnaires et salariés, une hausse d’environ 20 % du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) dans le secteur non agricole — passé d’environ 2 800 à 3 400 dirhams — ainsi qu’une augmentation du salaire minimum agricole de l’ordre de 530 dirhams. Par ailleurs, des hausses salariales forfaitaires de 1 000 dirhams ont été versées en deux tranches, et la révision de l’impôt sur le revenu a généré un gain moyen de 400 dirhams par mois pour les classes moyennes. Les dialogues sectoriels ont par ailleurs permis des avancées pour des dizaines de milliers de fonctionnaires, notamment environ 330 000 agents dans l’éducation.
Mesures réglementaires sur le temps de travail et statut des inspecteurs
Le gouvernement a approuvé un projet de loi modifiant et complétant le Code du travail, incluant une réduction du temps de travail quotidien des agents de sécurité, qui passerait de 12 à 8 heures. Le texte introduit aussi des nouveautés concernant le statut particulier du corps des inspecteurs du travail. Ces évolutions réglementaires s’inscrivent dans la logique de revalorisation des professions, d’amélioration des conditions de travail et de renforcement des mécanismes de contrôle et d’inspection.
En conclusion, l’effort de montée en charge du programme d’apprentissage, accompagné de révisions réglementaires et d’incitations financières, traduit une stratégie gouvernementale visant à rapprocher les formations des besoins du marché et à favoriser l’insertion professionnelle des publics les plus vulnérables. La mise en œuvre effective des mesures annoncées déterminera l’ampleur de leur impact sur l’emploi et la qualification des travailleurs.