Maroc accélère vers 52% d’énergies renouvelables et vise l’exportation d’hydrogène vert
Le Maroc accélère sa montée en puissance énergétique verte
Le Royaume dépasse 4 000 MW de capacités renouvelables et vise 52 % d’énergies vertes d’ici 2030, tout en développant une filière hydrogène vert et des capacités d’exportation.
Le Maroc poursuit une trajectoire soutenue de transformation de son mix électrique en privilégiant les énergies renouvelables. Avec plus de 4 000 MW installés et un objectif national de porter la part des énergies vertes à 52 % du mix électrique d’ici 2030, le pays consolide des investissements publics et privés autour du solaire, de l’éolien et des nouvelles filières bas carbone. Cette stratégie vise à réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés et à créer des opportunités d’exportation d’électricité et d’énergies décarbonées.
Capacités renouvelables et objectif 2030
Le parc national a franchi le seuil de 4 000 MW de capacités renouvelables installées, fruit d’années de déploiement systématique de projets utility-scale et distribués. L’objectif de 52 % d’énergies vertes à l’horizon 2030 sert de repère pour la planification des appels d’offres, la mobilisation des financements internationaux et le renforcement des régulations permettant l’intégration de ces capacités intermittentes dans le réseau national.
Atouts naturels : soleil et vent
Le Maroc appuie sa stratégie sur des avantages naturels significatifs. Le pays bénéficie d’un ensoleillement élevé, estimé à près de 3 000 heures par an dans les zones les plus favorables, et dispose d’un important gisement éolien, en particulier le long de la façade atlantique. Ces ressources naturelles offrent des conditions compétitives pour réduire les coûts de production d’électricité renouvelable et pour alimenter des projets industriels bas carbone.
Projets emblématiques : Noor, Tarfaya et Taza
Parmi les infrastructures porteuses, le complexe solaire Noor Ouarzazate, avec une capacité de 580 MW, continue d’être cité comme projet phare sur le continent. Les grands parcs éoliens, notamment ceux de Tarfaya et de Taza, viennent compléter l’offre renouvelable du royaume et augmentent la résilience du système électrique national. Ces installations constituent des leviers techniques et symboliques pour attirer des capitaux et des savoir-faire internationaux.
Photovoltaïque : adjudications 2024-2026
Le développement du solaire photovoltaïque s’est intensifié récemment. Entre 2024 et 2026, plus de 2 000 MW de nouveaux projets ont été soumis à adjudication par l’agence en charge (MASEN), reflétant une volonté de multiplier les capacités rapidement tout en introduisant une concurrence structurée pour optimiser les coûts. Ces phases d’appel d’offres ont attiré des acteurs majeurs du secteur, favorisant l’entrée de technologies variées et de modèles contractuels adaptés aux besoins du marché marocain.
Hydrogène vert et initiatives industrielles
Le Maroc place également l’hydrogène vert au cœur de sa stratégie industrielle bas carbone. Le pays présente des coûts de production compétitifs grâce à ses ressources renouvelables abondantes et développe des projets structurants : transition vers l’ammoniac vert portée par de grands groupes industriels et initiatives telles que le projet « Amun », développé par des consortiums publics-privés. Ces programmes visent autant la décarbonation des processus industriels locaux que la création d’un nouveau segment d’exportation d’énergie propre.
Infrastructures logistiques et interconnexions vers l’Europe
Les capacités logistiques et les interconnexions jouent un rôle clé dans l’ambition d’exporter des énergies vertes. Tanger Med émerge comme une plateforme stratégique pour les exportations, tandis que le renforcement des liaisons électriques sous-marines avec l’Espagne est envisagé pour faciliter les échanges énergétiques avec l’Europe. Ces développements infrastructurels soutiennent la transformation du Maroc d’importateur net d’énergie en fournisseur régional de solutions énergétiques bas carbone.
Le positionnement stratégique du Maroc repose sur la combinaison de ressources naturelles, d’infrastructures majeures et d’un cadre d’appels d’offres attractifs. En visant 52 % d’énergies renouvelables et en développant une filière hydrogène vert, le Royaume ambitionne non seulement d’assurer sa sécurité énergétique, mais aussi de se constituer en partenaire industrial et commercial pour la transition énergétique régionale.