Maroc défend prévention, déradicalisation et IA contre le terrorisme à l’Union africaine
Le Maroc appelle à une stratégie multidimensionnelle contre le terrorisme lors du CPS de l’Union africaine
Au CPS de l’UA le 21 juillet 2026, le Maroc demande une lutte antiterroriste multidimensionnelle axée sur prévention, IA, déradicalisation et coopération africaine.
Le Royaume du Maroc a appelé, mardi 21 juillet 2026, à l’adoption d’une approche multidimensionnelle et préventive dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, lors de la réunion ministérielle du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine. L’ambassadeur et représentant permanent du Maroc auprès de l’Union africaine et de la Commission économique pour l’Afrique, Mohamed Arrouchi, a insisté sur la nécessité d’adapter les réponses collectives aux méthodes en constante mutation des groupes terroristes et à l’exploitation des nouvelles technologies.
Intervention marocaine au CPS de l’UA
Lors de son intervention, Mohamed Arrouchi a souligné que les réponses strictement sécuritaires, bien que indispensables, ne suffisent pas à garantir des résultats durables. Il a appelé à intégrer la prévention au cœur de l’architecture continentale de lutte contre le terrorisme, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Selon le diplomate, la prévention doit porter à la fois sur les facteurs socio-économiques et sur les dynamiques locales qui favorisent l’enracinement de l’extrémisme.
Évolution des méthodes terroristes et rôle des technologies
Arrouchi a mis en garde contre l’adaptation permanente des groupes terroristes, qui tirent parti des transformations technologiques pour améliorer leurs capacités de recrutement, de financement et d’action. Il a proposé de renforcer les mécanismes d’anticipation et d’alerte précoce en intégrant des indicateurs spécifiques de radicalisation et en recourant davantage à l’intelligence artificielle pour l’analyse des risques et la détection des contenus extrémistes en ligne.
Prévention et déradicalisation au cœur de la stratégie
Le représentant marocain a insisté sur la promotion de la déradicalisation comme stratégie préventive et sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du terrorisme. Il a rappelé le lien intrinsèque entre paix, sécurité et développement, en soulignant que les politiques de développement humain, la bonne gouvernance et la résilience communautaire doivent accompagner toute action sécuritaire pour être effectives sur le long terme.
Capacités opérationnelles, cadre juridique et formation religieuse
Le Maroc a présenté sa stratégie intégrée qui combine le renforcement des capacités sécuritaires et du renseignement, un cadre juridique adapté, et des actions de prévention et de réinsertion. Le pays a notamment mis en avant la formation des imams et la promotion d’un islam du juste milieu comme éléments centraux pour contrer la radicalisation idéologique et favoriser le retour à la société des personnes désengagées de l’extrémisme.
Renforcement de la coopération africaine et solidarité Sud‑Sud
L’intervention a également rappelé l’importance d’une coopération internationale et africaine étroite fondée sur le partage d’informations, l’appui technique et le renforcement des capacités. Le Maroc a souligné son engagement en faveur de la solidarité Sud‑Sud et a plaidé pour des mécanismes africains renforcés permettant une coordination opérationnelle et stratégique entre États et institutions continentales.
Propositions pour un cadre continental sur l’usage de l’IA
Parmi les propositions formulées figure l’élaboration de lignes directrices continentales sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la prévention et la lutte contre le terrorisme. Mohamed Arrouchi a demandé que ces lignes directrices incluent des garde‑fous éthiques, des indicateurs de risque standardisés et des protocoles pour la protection des droits fondamentaux lors de l’analyse automatisée de contenus et de données.
L’allocution marocaine au CPS de l’UA met en lumière la volonté de combiner mesures sécuritaires, stratégies de prévention, renforcement du capital humain et coopération régionale. En appelant à placer les femmes et les jeunes au centre des réponses, l’intervention vise à faire de la lutte contre l’extrémisme un effort inclusif et durable. Le débat au sein du Conseil devrait désormais porter sur la traduction opérationnelle de ces recommandations et sur l’élaboration d’un cadre continental cohérent pour anticiper et contrer les menaces émergentes.