Maroc et Cameroun signent accord cadre pêche et aquaculture au SIAM
Maroc et Cameroun signent un accord-cadre pour renforcer la pêche et l’aquaculture lors du SIAM à Meknès
Maroc et Cameroun signent à Meknès un accord-cadre en pêche et aquaculture, axé sur formation, recherche, surveillance et gestion durable des ressources.
Le Maroc et le Cameroun ont officialisé un accord-cadre de coopération dans les domaines de la pêche maritime et de l’aquaculture, signé à Meknès en marge de la 18e édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM). L’accord, conclu lors d’une cérémonie à laquelle ont participé des responsables des deux pays, pose les bases d’un partenariat structuré destiné à renforcer la gouvernance des secteurs halieutiques, développer l’aquaculture durable et favoriser des coopérations économiques concrètes entre Rabat et Yaoundé.
Signature de l’accord à Meknès
La convention a été signée par la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, et par le ministre camerounais de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga. Le ministre marocain de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, était présent lors de la signature. L’événement s’est tenu dans le cadre du SIAM, salon placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et dédié cette année à la durabilité de la production animale et à la souveraineté alimentaire.
Objectifs et axes prioritaires du partenariat
Le texte de l’accord définit un cadre global de coopération centré sur plusieurs priorités opérationnelles : la formation des ressources humaines, le renforcement de la recherche scientifique, le suivi et l’évaluation des stocks, le développement d’une aquaculture respectueuse de l’environnement, la valorisation des produits de la mer et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Ces axes visent à concilier exploitation économique et préservation des écosystèmes marins pour assurer la durabilité des ressources à moyen et long terme.
Coopération technique et partage d’expertise
Les représentants camerounais ont mis en avant l’intérêt d’un volet technique renforcé, qui permettra d’échanger des bonnes pratiques et des technologies. Le Cameroun pourra tirer parti de l’expérience marocaine dans la surveillance et le contrôle des pêches, ainsi que des programmes de formation déjà initiés : accueil de techniciens, ateliers de transfert de compétences et participation mutuelle à des salons professionnels spécialisés. Ces actions devraient faciliter la mise en place de dispositifs de suivi et de contrôle adaptés aux réalités locales.
Renforcement de la surveillance et lutte contre l’INN
La lutte contre la pêche INN figure parmi les priorités de l’accord. Les deux pays ont prévu de coordonner leurs efforts pour améliorer les capacités de surveillance maritime, interdire les pratiques illégales et assurer le respect des règles nationales et internationales. Le renforcement des moyens techniques, la formation des agents et le partage d’informations sont présentés comme des leviers essentiels pour réduire les pressions sur les stocks et protéger les économies locales dépendantes des produits de la mer.
Mise en œuvre, gouvernance et suivi
Pour assurer la traduction effective des engagements en actions concrètes, l’accord prévoit la création d’une commission mixte chargée du suivi et de l’évaluation des programmes convenus. Cette structure aura pour mission de définir des plans d’action, d’harmoniser les calendriers d’intervention, de mesurer les résultats et d’ajuster les mesures en fonction des besoins et des contraintes environnementales. L’approche retenue cherche à garantir une gouvernance transparente et une coordination opérationnelle entre les administrations concernées.
Perspectives économiques et impact social
Au-delà de la dimension environnementale, l’accord vise à faire de la pêche et de l’aquaculture des leviers de développement économique et d’emploi. Le renforcement des filières, la valorisation des produits de la mer et le développement d’activités annexes (transformation, logistique, commercialisation) sont présentés comme autant d’opportunités pour stimuler la croissance locale, favoriser l’intégration régionale et accroître la résilience alimentaire. Les autorités insistent sur l’importance d’un partenariat qui combine solidarité Sud–Sud et adaptation aux défis climatiques.
Ce cadre de coopération marque une étape dans les relations bilatérales entre Rabat et Yaoundé et ouvre la voie à des initiatives communes visant à concilier exploitation durable des ressources marines et développement socio-économique. Les premières actions concrètes et le calendrier de mise en œuvre seront définis par la commission mixte chargée du suivi.