Maroc : recettes fiscales 2025 à 295 MMDH, hausse de 18,9% selon la DGI
Recettes fiscales 2025 : près de 295 MMDH, l’objectif de la Loi de Finances largement dépassé
En 2025, les recettes fiscales brutes ont atteint près de 295 MMDH (+18,9%), dépassant de 13,8% l’objectif de la Loi de Finances ; nettes : 269,98 MMDH.
Les recettes fiscales brutes pour l’année 2025 se sont élevées à environ 295 milliards de dirhams, enregistrant une progression annuelle de 18,9% et dépassant de 13,8% l’objectif fixé par la Loi de Finances. Cette performance reflète une hausse généralisée des principaux impôts, tandis que les remboursements, dégrèvements et restitutions atteignent un niveau notable, affectant le solde net des recettes.
Performance par type d’impôt
L’impôt sur les sociétés (IS) est le principal contributeur, avec plus de 100,27 MMDH, soit 34% des recettes fiscales brutes et une progression de 30,6% par rapport à 2024. L’impôt sur le revenu (IR) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) produisent des montants proches l’un de l’autre : respectivement 70,38 MMDH pour l’IR et 70,89 MMDH pour la TVA, en hausse annuelle de 9% et 15%. Les droits d’enregistrement et de timbre représentent 28,76 MMDH, en augmentation de 11%. La contribution relative de chaque impôt montre une concentration importante autour de l’IS, suivie par l’IR et la TVA.
Remboursements, dégrèvements et restitutions
Les dépenses liées aux remboursements, dégrèvements et restitutions liquidés en 2025 s’élèvent à environ 26 MMDH, soit une augmentation de 13,8% par rapport à 2024. Les remboursements de la TVA constituent le poste majoritaire, représentant 81,9% des montants versés. Les restitutions liées à l’IS pèsent 14,5% et celles liées à l’IR 2%. Le niveau élevé des remboursements de TVA illustre l’importance des mécanismes de neutralité fiscale pour les entreprises et des exigences de trésorerie associées aux régimes de récupération de la TVA.
Rapport entre objectifs et réalisations budgétaires
Les objectifs fixés par la Loi de Finances 2025 ont été atteints au-delà des prévisions sur plusieurs postes : le taux de réalisation global pour les remboursements et restitutions est de 186,5%. Par type, le remboursement de la TVA a été réalisé à hauteur de 186%, tandis que les dépenses relatives à l’IS, à l’IR et aux majorations et autres impôts ont été réalisées à 294%, 319% et 217% respectivement. Ces écarts montrent que certains postes de dépenses ont largement dépassé les attentes, ce qui pèse sur le solde net malgré l’augmentation des recettes brutes.
Recettes fiscales nettes et structure des ressources
Après prise en compte des remboursements et dégrèvements, les recettes fiscales nettes pour 2025 s’établissent à 269,98 MMDH, en hausse de 19,4% par rapport à l’année précédente. La réalisation des objectifs de la Loi de Finances sur les recettes nettes atteint 109,9%. En valeur nette, l’IS représente 96,66 MMDH (35,8% des recettes nettes), l’IR 69,89 MMDH (25,9%), la TVA 50,42 MMDH (18,7%) et les droits d’enregistrement et de timbre 28,76 MMDH (10,7%). Ce profil laisse apparaître une dépendance marquée aux recettes des sociétés et aux contributions directes, avec une part plus limitée de la TVA dans le produit net.
Implications pour la gestion des liquidités et le calendrier budgétaire
L’augmentation significative des remboursements de TVA et des restitutions souligne des enjeux de trésorerie pour l’administration fiscale et pour les bénéficiaires. Des réalisations de remboursements supérieures aux prévisions entraînent des sorties de trésorerie plus élevées sur l’exercice, qui doivent être anticipées lors de l’élaboration des équilibres budgétaires. Par ailleurs, la forte réalisation des objectifs relatifs aux impôts directs indique une dynamique économique favorable ou une amélioration des recouvrements qui explique en partie la progression des recettes brutes.
Les chiffres 2025 confirment une croissance soutenue des recettes fiscales, mais montrent aussi des pressions sur les remboursements et un besoin de vigilance sur la gestion des prévisions. L’équilibre entre hausse des recettes brutes et niveau des restitutions restera un facteur déterminant pour l’évolution du solde budgétaire dans les exercices à venir.