Maroc vote contre la levée de l’embargo américain sur Cuba à l’ONU
Le Maroc vote contre à l’ONU la résolution appelant à la fin de l’embargo américain sur Cuba
Le 28 octobre 2026, le Maroc a voté contre à l’ONU la résolution demandant la fin de l’embargo américain sur Cuba, marquant un changement diplomatique.
Le 28 octobre 2026, lors du vote de l’Assemblée générale, le Maroc s’est opposé à une résolution appelant à la levée de l’embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba. Le texte a été adopté par 130 voix pour, 17 contre et 25 abstentions. La décision de Rabat marque une rupture nette avec sa position de 2024, quand le pays avait soutenu la résolution, et avec l’abstention enregistrée en 2025.
Le Maroc vote contre à l’Assemblée générale
Le scrutin du 28 octobre a rassemblé une majorité nette en faveur de la résolution, mais le groupe des opposants s’est élargi par rapport à l’année précédente. Parmi les États ayant voté contre figurent notamment les États-Unis, Israël, les Émirats arabes unis et l’Argentine. Le positionnement marocain s’inscrit donc dans une minorité de dix-sept États qui ont choisi de rejeter le texte, accentuant la singularité du vote de Rabat par rapport aux deux exercices précédents.
Chronologie des positions marocaines depuis 2024
La trajectoire de vote de Rabat au cours des trois dernières années est marquée par un basculement progressif. Le 30 octobre 2024, le Maroc avait voté en faveur de la résolution demandant la fin de l’embargo. Le 29 octobre 2025, le pays avait opté pour l’abstention. Le 28 octobre 2026, la délégation marocaine a voté contre. Cette succession — pour, abstention, contre — illustre un réajustement de la politique extérieure de Rabat sur ce dossier précis.
Évolution du soutien international à la levée de l’embargo
Entre 2025 et 2026, la résolution a perdu un nombre significatif de voix favorables, tandis que le nombre d’États opposés a augmenté. Des pays qui avaient soutenu la résolution en 2025, comme l’Allemagne et l’Italie, ont cette fois choisi l’abstention. Dans le même temps, des efforts diplomatiques ont été menés pour convaincre davantage de capitales de rejeter ou de s’abstenir sur le texte, entraînant une recomposition des loyautés sur le sujet de l’embargo cubain.
Historique des relations diplomatiques entre le Maroc et Cuba
Les relations entre Rabat et La Havane ont connu des phases de rupture et de rétablissement. Les deux pays ont renoué leurs liens diplomatiques en avril 2017, après près de quarante ans de coupure. En janvier 2022, un ambassadeur marocain a présenté ses lettres de créance à La Havane, marquant un renforcement institutionnel des relations bilatérales. Malgré ces avancées, des désaccords historiques — notamment sur la question du Sahara — ont longtemps pesé sur l’intensité et la nature de leur coopération.
Cadre juridique et portée politique de la résolution
La résolution votée à l’Assemblée générale est non contraignante : elle exprime la position de l’Assemblée générale mondiale mais ne contraint pas les États-Unis à modifier leur politique intérieure. La levée de l’embargo relève des autorités américaines et de procédures internes. Le vote sert néanmoins de baromètre diplomatique international et peut influer sur les calculs politiques et les pressions bilatérales entre les États concernés.
Implications pour la diplomatie marocaine
Le changement de position de Rabat pourrait avoir plusieurs implications. Sur le plan bilatéral, il peut influer sur la dynamique des relations entre le Maroc et les pays favorables à la levée de l’embargo, tout en s’inscrivant dans une stratégie plus large de coordination avec certains partenaires internationaux. Sur le plan régional, ce vote peut être interprété comme un réajustement tactique dans les relations avec des alliés et rivaux, notamment dans le cadre des relations euro-méditerranéennes et transatlantiques. Enfin, sur le plan symbolique, le basculement illustre la fluidité des alliances internationales autour de dossiers d’envergure idéologique et géopolitique.
La motion, approuvée une trente-quatrième fois depuis 1992, renforce cependant la visibilité du désaccord global entre une large majorité d’États et la politique américaine envers Cuba, même si le passage de la parole à l’action dépend exclusivement des autorités de Washington.