Mohamed Muizzu exhorte le Royaume‑Uni à rouvrir les négociations sur les Chagos
Président des Maldives demande à Londres de rouvrir les négociations sur la souveraineté des îles Chagos
Le président maldivien Mohamed Muizzu a demandé au Premier ministre britannique Andrew Burnham de rouvrir les discussions sur la souveraineté des îles Chagos, contestant la décision de les céder à Maurice et appelant à une négociation inclusive. (panel.presidency.mv)
Lettre officielle adressée à Downing Street
Le 8 septembre 2026, le président des Maldives, Mohamed Muizzu, a envoyé une lettre officielle au Premier ministre britannique Andrew Burnham dans laquelle il demande la réouverture des pourparlers sur le statut de l’archipel des Chagos et propose des consultations bilatérales directes. La communication, publiée par le bureau présidentiel des Maldives, insiste sur la nécessité d’un « dialogue significatif » entre le Royaume‑Uni et les Maldives au sujet de la souveraineté des îles. (panel.presidency.mv)
Fondements de la revendication maldivienne
Le gouvernement des Maldives soutient que sa revendication sur les Chagos repose sur des liens historiques et sur la proximité géographique : les îles se trouvent à environ 500 kilomètres des Maldives, alors que l’île Maurice est située à une distance nettement plus grande selon l’exposé maldivien. Les autorités maldiviennes ont exprimé leur déception de ne pas avoir été consultées lors de l’accord conclu par la précédente administration britannique. (marketscreener.com)
Importance stratégique de Diego Garcia et traité de 2025
Diego Garcia, la plus grande île de l’archipel, accueille une base militaire conjointe anglo‑américaine d’importance stratégique pour les opérations dans l’océan Indien. Le 22 mai 2025, le gouvernement britannique a signé un traité avec Maurice prévoyant le transfert de souveraineté de l’archipel à Maurice tout en garantissant le maintien de l’accès et des opérations sur Diego Garcia grâce à un bail de longue durée. Ce traité visait à concilier les impératifs de sécurité avec une résolution du différend territorial. (gov.uk)
Suspension de la mise en œuvre après retrait du soutien américain
En avril 2026, le gouvernement britannique a mis en suspens la législation destinée à concrétiser le traité après que les États‑Unis ont retiré leur appui formel, rendant difficile la ratification du dispositif prévu pour protéger l’accès à la base. La décision de suspendre la procédure parlementaire a été présentée comme une conséquence directe de l’absence d’un alignement politique indispensable entre Londres et Washington pour garantir la sécurité opérationnelle de Diego Garcia. (investing.com)
Position officielle du Royaume‑Uni et rappel des négociations antérieures
Le ministère britannique des Affaires étrangères a rappelé que la question de la souveraineté était une affaire entre le Royaume‑Uni et Maurice et que le gouvernement précédent avait lancé des négociations avec Maurice dès 2022. Un porte‑parole du Foreign, Commonwealth & Development Office a indiqué que, malgré les contacts avec les Maldives sur d’autres sujets, la trajectoire diplomatique officielle avait privilégié les pourparlers bilatéraux avec Maurice. Cette réponse souligne le dilemme politique de Londres entre obligations sécuritaires et demandes de reconnaissance territoriale. (marketscreener.com)
Répercussions régionales et enjeux diplomatiques
La démarche de Malé ouvre un nouveau front diplomatique dans une affaire déjà sensible, mêlant droits territoriaux, mémoire coloniale, sécurité internationale et revendications des populations déplacées. La demande de Muizzu pourrait conduire à des consultations tripartites ou à des négociations séparées, mais elle risque aussi d’exacerber les tensions entre Londres, Port‑Louis et Malé si les parties restent fermes sur des positions exclusives. Les intérêts stratégiques liés à Diego Garcia augmentent la complexité des solutions possibles. (panel.presidency.mv)
Le président maldivien a demandé au Premier ministre Burnham de corriger l’omission de son prédécesseur en engageant un dialogue direct; la réponse de Londres et l’attitude des partenaires internationaux, notamment des États‑Unis, seront déterminantes pour l’évolution du dossier dans les semaines et mois à venir.