Motsepe réfute les accusations de corruption liées à la CAN attribuée au Maroc
Motsepe rejette les accusations de corruption après l’attribution controversée de la CAN au Maroc
Patrice Motsepe réfute les allégations de corruption formulées par le gouvernement sénégalais après la décision de la CAF d’annuler la victoire du Sénégal et d’attribuer la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc; le dossier est porté devant le TAS. Procédure en cours.
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a rejeté jeudi 9 avril 2026 les accusations de corruption émises par le gouvernement sénégalais, après la décision de l’instance continentale d’annuler la victoire 1-0 du Sénégal en finale de la Coupe d’Afrique des Nations et d’enregistrer un succès 3-0 en faveur du Maroc. Motsepe, présent au Maroc, a dit encourager toute action judiciaire alléguant des actes de corruption et affirmé la volonté de la CAF de respecter les décisions du Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Motsepe répond aux accusations
Motsepe a déclaré qu’il n’y avait « rien à cacher » et a souligné le respect de la CAF pour la souveraineté judiciaire des 54 associations nationales. Interrogé sur les demandes sénégalaises d’une enquête internationale pour corruption, il a invité les parties concernées à saisir la justice si elles l’estiment nécessaire. Le président de la CAF a par ailleurs réaffirmé que l’organisation appliquera toute décision émise par le TAS, signalant une posture institutionnelle de soumission aux instances arbitrales internationales.
Décision de la CAF et chronologie des faits
La polémique remonte à la finale initiale disputée le 18 janvier, au terme de laquelle le Sénégal avait été déclaré vainqueur 1-0 face au Maroc, pays hôte. La CAF, estimant que des joueurs et le staff sénégalais avaient quitté le terrain en réaction à l’attribution d’un penalty dans le temps additionnel — penalty finalement manqué par l’attaquant marocain Brahim Díaz — a réexaminé la situation. Le 17 mars, l’instance a pris la décision de rappeler l’incident aux règles disciplinaires applicables et d’enregistrer un résultat officiel de 3-0 en faveur du Maroc en invoquant les dispositions relatives à la sortie du terrain. Ce basculement administratif est au cœur des contestations actuelles.
Réaction du Sénégal et demande d’enquête
Le gouvernement sénégalais a vivement contesté la décision de la CAF et a demandé l’ouverture d’une enquête internationale, évoquant des soupçons de corruption au sein de l’instance dirigeante du football africain. La Fédération sénégalaise de football a saisi le Tribunal Arbitral du Sport et formellement fait appel de la décision administrative de la CAF. Les responsables sénégalais ont également exprimé leur préoccupation quant à l’intégrité du processus décisionnel et à la transparence des contrôles internes de la confédération.
Recours devant le Tribunal Arbitral du Sport
Le dossier est désormais entre les mains du TAS, où la Fédération sénégalaise conteste juridiquement l’annulation de son titre. Motsepe a indiqué que la CAF respectera la décision arbitrale quelle qu’elle soit, et a invité à laisser la procédure judiciaire suivre son cours. Le recours devant le TAS ouvrira une phase juridico-technique durant laquelle seront examinés les éléments de procédure, les preuves documentaires et l’interprétation des règlements disciplinaires appliqués par la CAF. Le calendrier et la durée de la procédure dépendront des demandes probatoires et des délais accordés par la juridiction arbitrale.
Enjeux institutionnels et impact sur le football africain
La controverse expose de fortes tensions entre États, fédérations nationales et l’instance continentale. Outre l’enjeu sportif immédiat — l’attribution du trophée de la CAN — la crise soulève des questions de gouvernance, de transparence et de confiance des supporters et des sponsors. Les conséquences possibles comprennent une érosion de la crédibilité de la CAF, des demandes accrues de réforme interne et une pression pour renforcer les mécanismes d’audit et d’indépendance des décisions disciplinaires. Les fédérations et les ligues locales suivent attentivement l’issue du recours au TAS, consciente que la décision pourrait établir un précédent pour la gestion des conflits similaires à l’avenir.
Le dossier reste ouvert et la communauté du football africain attend désormais la décision du Tribunal Arbitral du Sport. La résolution de ce contentieux déterminera non seulement le détenteur officiel du titre continental, mais aussi l’orientation future des procédures disciplinaires et de gouvernance au sein de la Confédération africaine de football.