MRE impliqués dans des transactions immobilières suspectes
L’enquête révèle que les suspects avaient déposé des sommes atteignant 80% de la valeur des appartements dans des résidences en construction, à travers des contrats de réservation, rapporte Hespress. Mais les travaux entrepris dans le cadre de ces projets ont été suspendus pendant des années, sans qu’ils soient achevés ni que des certificats de conformité des logements (permis de séjour) soient délivrés aux supposés bénéficiaires. En plus de l’immobilier, les promoteurs immobiliers ont investi dans d’autres activités comme l’import-export, l’agriculture, entre autres.
Lire : Immobilier au Maroc : Face au blanchiment d’argent, l’État répond
Les enquêtes confirment également la collusion entre promoteurs et clients suspects, à travers le nombre de réservations effectuées avec des identités uniques et la nature des biens, dont les prix dépassent les plafonds d’aide directe au logement. Les projets immobiliers arrêtés, faisant l’objet des contrôles, avaient été stratégiquement localisés pour maintenir les prix de l’immobilier résidentiel et faciliter leur revente rapide, révèlent encore les enquêteurs.
Les inspecteurs de l’ANRF ont ainsi découvert qu’ils utilisaient des bureaux de vente fictifs afin de justifier la légalité des projets commercialisés et d’éviter les soupçons. Par ailleurs, aucune réservation ou vente n’a été enregistrée par le canal bancaire, au travers de prêts immobiliers. Les réserves contenaient des indications selon lesquelles le financement immobilier avait été réalisé par paiement direct en espèces.
A lire : Blanchiment d’argent : de nouvelles règles pour les agences immobilières
Au total, 54 dossiers – soit une augmentation annuelle de 25,58% – relatifs à des actes soupçonnés d’être liés au blanchiment d’argent ou à des délits sous-jacents, ainsi qu’au financement du terrorisme ont été transmis. aux procureurs près les tribunaux de première instance de Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech, ainsi qu’au procureur général près la Cour d’appel de Rabat.
Par ailleurs, le nombre de signalements de soupçons de blanchiment d’argent reçus par l’ANRF s’élève à 5.171, soit une croissance annuelle de 53,76%.