MSF alerte sur la crise sanitaire au Soudan après les coupes massives d’aide
Crise sanitaire au Soudan : 37 % des établissements hors service, MSF sonne l’alarme
MSF : 37% des centres de santé au Soudan hors service; la baisse des financements prive des millions de soins et aggrave la crise humanitaire dès maintenant.
Le système de santé du Soudan est à l’agonie alors que la réduction des financements internationaux provoque la fermeture d’un grand nombre d’établissements et prive des millions de personnes d’accès aux soins essentiels. Médecins sans frontières (MSF) alerte sur le fait qu’environ 37 % des structures sanitaires du pays sont aujourd’hui hors service, au moment même où la demande de soins augmente en raison des violences et des déplacements massifs de population.
MSF signale 37 % d’établissements hors service
Selon le bilan présenté par l’organisation humanitaire, plus d’un tiers des centres de santé soudanais ne fonctionnent plus. Cette situation résulte à la fois de l’insécurité persistante — qui empêche le personnel d’atteindre certains sites — et de la contraction des financements nécessaires au maintien des services. Les fermetures touchent les zones déjà fragiles et obligent les quelques centres restants à absorber un flux accru de patients, provoquant des tensions logistiques et médicales importantes.
Financement humanitaire mondial en forte baisse
MSF pointe une réduction marquée et récente des fonds humanitaires : le plan d’intervention des Nations Unies pour le Soudan n’est couvert qu’à 41 % à ce stade, tandis que l’aide globale a enregistré une baisse significative par rapport à l’année précédente. L’organisation évoque des “réductions historiques” du financement public international, y compris la fin des subventions de grandes agences et une contraction des contributions des institutions européennes, ce qui a entraîné des arrêts de programmes sur le terrain.
Conséquences directes pour les patients et les déplacés
La combinaison de moins de centres ouverts et d’une population déplacée en hausse se traduit par une augmentation des cas non traités, des affections chroniques décompensées et d’un accès limité à la chirurgie d’urgence et aux soins maternels. MSF signale que les rations alimentaires diminuent et que les programmes de protection, essentiels pour les familles vulnérables, sont démantelés. Mohammad Ibrahim, chef de MSF au Soudan, avertit que la disparition de financements affaiblit l’ensemble de la réponse humanitaire et pousse les organisations à réduire ou suspendre des services vitaux.
Liens entre coupures et décisions de bailleurs
Parmi les causes identifiées des fermetures figurent la fin des subventions de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), dont le soutien a pris fin en juin, et une nette réduction des engagements financiers de certains partenaires européens. MSF souligne que ces retraits de financement ne se limitent pas aux soins de santé : la logistique, la sécurité alimentaire et les mesures de protection des civils sont également touchées, provoquant un effet domino sur la capacité d’assistance humanitaire.
Bilan humain et pression sur les services restants
La guerre entre les forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide (RSF), déclenchée en avril 2023, a déjà entraîné un coût humain élevé, avec des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés internes et réfugiés. Dans ce contexte, les hôpitaux et cliniques encore opérationnels subissent une pression croissante. Fabrizio Locuratolo, responsable des affaires humanitaires dans un hôpital MSF à Um Rakuba, décrit la situation comme l’effondrement des derniers filets de sécurité pour les populations déplacées : sans nourriture suffisante et sans protection sociale, la vulnérabilité augmente rapidement.
Appel aux États présents à l’Assemblée générale des Nations Unies
MSF a lancé un appel explicite aux gouvernements réunis à l’Assemblée générale des Nations Unies pour qu’ils protégeant les financements destinés à la santé au Soudan et qu’ils accordent des fonds provisoires aux structures en risque de fermeture. L’organisation demande des contributions durables et flexibles qui permettent d’ajuster la réponse aux besoins changeants sur le terrain, notamment en maintenant les approvisionnements, le personnel et la logistique indispensables au fonctionnement des établissements de santé.
La détérioration du système de santé soudanais s’ajoute à une crise alimentaire et humanitaire plus large, avec des millions de personnes confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire. Sans une reprise rapide et ciblée des financements internationaux, les fermetures d’établissements et la réduction des services risquent d’entraîner une surmortalité évitable et d’aggraver durablement la souffrance des civils. Les appels à l’action se multiplient ; la réponse des bailleurs nationaux et multilatéraux dans les jours et semaines à venir sera déterminante pour empêcher l’effondrement total de l’accès aux soins au Soudan.