MT Honor 25 saisi au large de la Somalie 10 marins pakistanais otages
Pétrolier MT Honor 25 détourné : 17 membres d’équipage, dont 10 Pakistanais, retenus au large de la Somalie
Piratage au large de la Somalie : le pétrolier MT Honor 25, détourné le 21 avril, retient 17 marins. Familles pakistanaises réclament une intervention.
Le pétrolier MT Honor 25 a été saisi le 21 avril à environ 30 milles marins (56 km) au large du Puntland, en Somalie, laissant 17 membres d’équipage pris en otage, dont dix ressortissants pakistanais. Depuis près de deux semaines, les familles des marins vivent dans l’incertitude, multiplient les appels aux autorités et dénoncent un manque d’engagement visible. Les autorités maritimes internationales et des navires de l’opération EUNAVFOR Atalanta ont confirmé la présence du navire dans les eaux somaliennes, tandis que le MT Honor 25 est désormais signalé ancré près d’Eyl, dans le Puntland.
Situation des familles des marins
Les proches des otages décrivent une vie quotidienne bouleversée par l’angoisse et l’attente. Des enfants qui demandent chaque jour où est leur père, des épouses qui gèrent des événements familiaux sans la présence du chef de foyer : ces témoignages reflètent l’impact humain immédiat du détournement. Une mère explique que son fils de quatre mois n’a jamais rencontré son père, parti en mission deux semaines avant la naissance. Les familles ont organisé une conférence de presse locale pour attirer l’attention, mais elles estiment que la couverture médiatique et la réaction gouvernementale ont été insuffisantes.
Chronologie et détails du détournement
Selon les éléments disponibles, le MT Honor 25 transportait environ 18 000 barils de pétrole lorsque des hommes armés sont montés à bord le 21 avril. Six assaillants ont d’abord pris le contrôle, puis des renforts ont porté le nombre de pirates à au moins onze. Des patrouilles aériennes et navales ont confirmé la position du navire dans les eaux territoriales somaliennes dans les jours suivants. Le propriétaire du navire est signalé originaire du Puntland, ce qui, selon certains responsables, a facilité le suivi de la localisation du navire après le détournement.
Conditions à bord et communications intermittentes
Les contacts entre les otages et leurs proches ont été sporadiques. Des appels surveillés ont permis, au début, à plusieurs marins de joindre leurs familles pour dire qu’ils allaient bien et pour demander que l’on saisisse les autorités compétentes. Dans certains messages, des marins ont supplié les proches de pousser pour une intervention. Les témoignages familiaux indiquent que les réserves de nourriture et d’eau diminuent, que le carburant est presque épuisé et que certains marins manquent de médicaments essentiels. Une vidéo circulée montre plusieurs personnes confinées dans un espace exigu, sans possibilité de repos adéquat, illustrant la dégradation rapide des conditions de vie à bord.
Réponse officielle et pressions exercées par les proches
Les autorités pakistanaises ont déclaré être en contact avec des homologues somaliens et des missions diplomatiques régionales pour suivre la situation et obtenir des assurances sur la sécurité des marins. Les familles, elles, demandent la création d’un comité de haut niveau et la désignation d’un point de contact unique pour recevoir des mises à jour régulières. Elles expriment une forte frustration face à l’absence de gestes publics et de communications visibles de la part du gouvernement central, jugeant le soutien institutionnel insuffisant à ce stade critique.
Contexte régional et reprise de la piraterie
Le cas du MT Honor 25 s’inscrit dans une série d’attaques maritimes recensées depuis le 20 avril, avec au moins trois prises de navires signalées au large des côtes somaliennes sur une très courte période. Les forces anti-piraterie, qui avaient auparavant réussi à contenir les détournements pendant plusieurs années, ont vu leurs patrouilles redéployées vers d’autres zones stratégiques, notamment la mer Rouge et le détroit de Bab al-Mandeb, en réponse à des menaces régionales. Par ailleurs, les tensions géopolitiques et la hausse des cours du pétrole ont rendu certains pétroliers des cibles plus attractives pour les groupes armés en quête de rançons.
Les navires de l’opération européenne de lutte contre la piraterie sont présents dans la zone et ont déployé des moyens pour surveiller la situation, mais les actions directes restent entravées par la complexité du théâtre et le risque pour la vie des otages. Les autorités maritimes indiquent que les pirates ont demandé aux équipages de solliciter leurs gouvernements, laissant supposer des négociations en parallèle mais sans annonce publique d’un montant de rançon ni d’accord en cours.
Pour les familles, la priorité immédiate demeure la sécurité et le retour sain et sauf des marins. Elles multiplient les démarches auprès d’organisations de la société civile, d’ONG et d’interlocuteurs politiques afin de maintenir la pression et d’obtenir des informations fiables. L’affaire met en lumière la vulnérabilité persistante des voies maritimes au large de la Somalie et la nécessité d’une coordination internationale renforcée pour prévenir de nouvelles prises d’otages et assurer la protection des équipages.