Netanyahu hué à l’Assemblée générale de l’ONU malgré mandat d’arrêt de la CPI
Netanyahu provoque huées et départs à l’Assemblée générale de l’ONU, ciblant alliés et adversaires au cœur d’une campagne électorale
À l’Assemblée générale de l’ONU, Benjamin Netanyahu a provoqué huées et départs, attaqué alliés et adversaires et intensifié sa campagne avant le scrutin.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclenché une forte polémique lors de son intervention à l’Assemblée générale des Nations Unies, provoquant des réactions visibles dans la salle et à l’extérieur. Son allocution, marquée par des attaques contre des dirigeants étrangers, des responsables politiques et des figures publiques, s’inscrit selon les observateurs dans une stratégie visant aussi bien l’électorat national que l’opinion internationale, à un mois du scrutin israélien prévu le 27 octobre 2026.
Discours provoquant à l’Assemblée générale
Dès les premières minutes de son intervention, des dizaines de délégations ont quitté la salle, tandis que des protestations et des huées se faisaient entendre. Des membres de la délégation israélienne et des alliés ont opposé des applaudissements, obligeant le président de séance à rappeler l’ordre. Netanyahu a demandé à ceux qui lui tournaient le dos de partir, qualifiant certains d’« lâches moraux ». Il a également défendu des opérations militaires récentes en affirmant avoir pris des décisions jugées « difficiles » mais nécessaires, évoquant notamment des frappes contre des installations en Iran.
Cibles : alliés, responsables et figures publiques
Dans son allocution, Netanyahu a explicitement critiqué des pays traditionnellement proches d’Israël, citant le Royaume-Uni et la France et dénonçant ce qu’il a présenté comme des accusations de « colonialisme ». Il a en revanche remercié les États-Unis et a salué la coopération militaire et diplomatique avec l’administration américaine actuelle, qualifiant Washington de partenaire essentiel dans la « bataille contre les barbares ». Le Premier ministre s’en est aussi pris au maire de New York, Zohran Mamdani, l’accusant de tenter de l’empêcher de venir et niant les accusations de génocide portées contre Israël à Gaza.
Accusations judiciaires et mandat d’arrêt
La présence de Netanyahu à l’ONU intervient alors qu’il fait face à des procédures judiciaires internationales. En 2024, la Cour pénale internationale a déclaré avoir des motifs raisonnables de croire à la commission de crimes de guerre à Gaza et a émis un mandat d’arrêt visant le Premier ministre, mandat auquel Netanyahu a fait face en décidant de se rendre à New York. Le chef du gouvernement continue de nier ces accusations et de les qualifier d’infondées. Malgré le mandat, il a obtenu un accueil protocolaire et n’a pas été empêché de prononcer son discours à l’Assemblée générale.
Manifestations et contestation publique
À l’extérieur du siège de l’ONU, des manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de personnes, certaines brandissant des banderoles et scandant des slogans contre les opérations militaires et exigeant un cessez-le-feu. Des incidents ont conduit à des arrestations. Parmi les personnes interpellées figuraient des personnalités connues qui participaient aux rassemblements. Des organisations de la société civile et des groupes de défense des droits ont dénoncé l’accueil réservé à Netanyahu au vu des accusations internationales, tandis que d’autres soutiens ont réaffirmé la légitimité de son discours au nom de la sécurité nationale.
Impact politique en Israël et calendrier électoral
L’intervention s’inscrit dans une campagne électorale très tendue en Israël. Les analystes présents ont souligné que le ton et le contenu du discours semblaient s’adresser tout autant à l’opinion intérieure qu’à la communauté internationale, dans une période où la survie politique du Premier ministre est en jeu. Netanyahu a prévu une halte brève à New York avant de regagner Israël pour poursuivre la campagne active en vue des élections du 27 octobre 2026. Son équipe a choisi de privilégier un message de fermeté et de détermination, en soulignant l’argument de la sécurité face à des menaces régionales multiples.
Alors que la polémique sur sa participation à l’Assemblée générale et les mots prononcés par Netanyahu alimentent les débats, l’épisode illustre la polarisation croissante autour de la politique israélienne et la difficulté pour la communauté internationale de concilier préoccupations diplomatiques, exigences judiciaires et enjeux électoraux. Les répercussions politiques et diplomatiques de cette intervention devraient continuer à se déployer dans les jours qui viennent, tant à Jérusalem qu’auprès des capitales clés.