Neuf femmes retrouvées mortes à Ekurhuleni en deux mois alarme sur les féminicides
Neuvième femme retrouvée morte à Ekurhuleni : nouvelle alerte sur les féminicides en Afrique du Sud
Neuvième femme retrouvée morte à Ekurhuleni (Boksburg), ravivant l’alerte sur les féminicides en Afrique du Sud et les critiques envers la réponse de l’État.
Une neuvième victime a été découverte dans la municipalité d’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg, relançant l’inquiétude nationale sur la persistance des meurtres de femmes et l’efficacité des mesures étatiques. Le corps de la dernière femme a été retrouvé jeudi matin dans le quartier résidentiel de Dawn Park, à Boksburg; selon les premières constatations, la victime, âgée d’une trentaine d’années, était partiellement dévêtue et enveloppée dans un drap. La police a confirmé que neuf femmes ont été retrouvées mortes dans la région au cours d’environ deux mois, mais elle n’a pas établi de lien définitif entre les affaires.
Découverte et situation immédiate
Le dernier corps a été localisé par les services de secours tôt le matin dans une zone résidentielle de Dawn Park. Les premiers éléments décrivent une scène qui alerte les enquêteurs: la victime a été trouvée à moitié nue et recouverte d’un drap, ce qui conduit la police à traiter l’affaire comme un homicide. Les autorités locales ont bouclé la zone pour permettre aux équipes médico-légales de procéder aux premières expertises et aux prélèvements. Les enquêtes restent à un stade préliminaire : autopsie, identification précise, et collecte d’éléments sur les lieux sont en cours.
Enquêtes policières et hypothèses des enquêteurs
La police d’Ekurhuleni a indiqué qu’elle examinait plusieurs pistes. Les enquêteurs cherchent à déterminer si un seul individu ou un groupe est responsable des différents meurtres, et ils explorent également la possibilité de crimes imitatifs. Les autorités ont cependant précisé qu’aucune corrélation formelle n’a encore été établie entre les neuf dossiers. Les enquêteurs ont rappelé la complexité des investigations et ont demandé du temps pour analyser les preuves balistiques, ADN et témoignages.
Cas emblématique et impact sur les familles
Parmi les affaires récentes, la disparition d’Elizabeth Moselakgomo, une mère de 38 ans et coureuse régulière, a particulièrement choqué la communauté. Elle avait quitté son domicile pour un jogging le 9 septembre et n’était jamais rentrée; retrouvée morte trois jours plus tard, sa disparition a mis en lumière la vulnérabilité des femmes lors d’activités quotidiennes. La réaction immédiate de sa fille de huit ans, qui a alerté la famille quand sa mère ne revenait pas, souligne le traumatisme familial et social provoqué par ces agressions.
Réactions des organisations de défense et ressentiment public
Les organisations d’aide aux victimes et les refuges affirment constater une aggravation des cas de violence, avec des signalements de menaces de mort, de harcèlement, d’étranglement et de violations répétées d’ordonnances de protection. Elles dénoncent la normalisation de cette violence dans certaines communautés et soulignent la pression croissante sur les lignes d’assistance et les structures d’accueil. De nombreuses femmes rapportent devoir modifier leurs déplacements, éviter certaines heures ou partager leur position en permanence pour tenter de réduire le risque.
Critiques de la stratégie nationale et appels à des mesures concrètes
Ces meurtres interviennent moins d’un an après la classification de la violence sexiste et du féminicide comme catastrophe nationale par les autorités en novembre 2025. Malgré cette déclaration, des voix s’élèvent pour souligner l’insuffisance des ressources et des progrès tangibles : renforcement des capacités médico-légales, financement stable des refuges, réponses policières plus rapides et respect effectif des ordonnances de protection. Des responsables de la Commission pour l’égalité des sexes ont exprimé leur frustration, estimant que la déclaration d’urgence n’a pas encore produit les changements opérationnels nécessaires sur le terrain.
Mesures demandées et implications pour la sécurité publique
Les acteurs associatifs réclament un renforcement immédiat des patrouilles dans les zones à risque, une meilleure formation des forces de l’ordre aux violences basées sur le genre, et des investissements dans les services de soutien aux survivantes : hébergement d’urgence, assistance financière, accompagnement psychologique et garde d’enfants. Ils insistent sur le fait que la responsabilité de la violence incombe aux auteurs et que la protection doit être assurée par l’État et la société, et non transférée aux potentielles victimes.
La découverte répétée de corps de femmes à Ekurhuleni ravive un débat national sur l’ampleur des féminicides et la capacité des institutions à protéger les femmes. Les enquêtes en cours devront préciser si ces affaires sont liées et permettre d’identifier les responsables. En attendant, la population locale, les associations et les autorités continuent d’appeler à des actions rapides et coordonnées pour prévenir de nouveaux drames et restaurer la confiance dans les mécanismes de protection.