Neuvième femme retrouvée à Kempton Park près de Johannesburg, tueur en série possible
Neuf femmes assassinées retrouvées autour de Johannesburg, Kempton Park placé en confinement
Neuf femmes tuées près de Johannesburg; Kempton Park placé en confinement. Enquête ouverte, récompense de 400 000 rands et craintes d’un tueur en série.
La police sud-africaine a annoncé la découverte du corps d’une neuvième femme près de la capitale commerciale du pays, intensifiant les inquiétudes après la découverte de huit autres cadavres de femmes dans la même zone ces dernières semaines. Les autorités ont imposé un confinement à Kempton Park, dans la municipalité d’Ekurhuleni, et renforcé les opérations de recherche tandis que des enquêteurs examinent si les meurtres sont l’œuvre d’un tueur en série ou de plusieurs auteurs distincts.
Neuvième corps retrouvé et confinement à Kempton Park
Les forces de l’ordre ont indiqué que la neuvième victime a été retrouvée à la périphérie de Kempton Park, où plusieurs des premières découvertes ont eu lieu. Trois corps partiellement nus ont été découverts dans la région au cours de la même semaine, ce qui a conduit la police à placer la zone sous confinement temporaire afin de sécuriser les lieux et d’accélérer les investigations. Les autorités ont également augmenté la présence policière dans les quartiers voisins et effectué des perquisitions ciblées.
Enquête policière et hypothèse d’un tueur en série
La police provinciale du Gauteng a déclaré que les enquêteurs « envisagent toutes les possibilités », y compris l’hypothèse de plusieurs suspects ou d’auteurs distincts. Les enquêteurs comparent preuves, chronologies, lieux et profils de victimes pour déterminer d’éventuels liens. Bien que certaines similitudes entre les cas aient été qualifiées de « suffisamment préoccupantes » pour déclencher une alerte publique, les responsables ont précisé qu’il était encore trop tôt pour conclure définitivement à l’existence d’un tueur en série.
Profil des victimes et circonstances des découvertes
Les victimes étaient des femmes âgées principalement de la vingtaine à la trentaine, la plus jeune identifiée étant âgée de 20 ans. Plusieurs des corps ont été retrouvés nus ou partiellement vêtus, et certains présentaient des contusions similaires. Le premier corps découvert, le 17 juillet, avait été retrouvé nu et maintenu par des serre-câbles; un suspect, présenté comme un petit ami présumé, avait été interpellé puis gardé à vue sans qu’aucune accusation ne soit, à ce stade, retenue. Parmi les victimes, une femme de 38 ans, Elizabeth Tsontso Moselakgomo, avait été portée disparue après ne pas être rentrée d’un jogging et retrouvée morte plusieurs jours plus tard.
Réponse politique, récompense et messages de prudence
Le président Cyril Ramaphosa a promis que « rien ne sera négligé » dans l’enquête, tandis que la police a annoncé une prime de 400 000 rands (environ 25 000 dollars) pour toute information menant à l’arrestation des responsables. Les autorités ont conseillé aux femmes se trouvant à proximité des lieux de découverte d’éviter de circuler seules et d’adopter une prudence accrue. Sur le site de la dernière découverte, le commissaire national adjoint de la police a déclaré aux journalistes : « Nous ne pouvons pas continuer à ramasser les corps », soulignant l’urgence et l’émotion publique suscitées par cette série de meurtres.
Chiffres et contexte de la violence contre les femmes en Afrique du Sud
Ces meurtres interviennent dans un contexte de violence sexuelle et de féminicide extrêmement élevé en Afrique du Sud. Les statistiques nationales publiées par la police pour le premier trimestre 2026 font état de 9 782 viols signalés et de 12 590 délits sexuels, soit une moyenne d’environ 108 viols déclarés par jour. Près de la moitié des viols signalés (4 620, soit 47,2 %) se seraient déroulés au domicile de la victime ou de l’agresseur. En novembre dernier, face à la pression des organisations de la société civile, le gouvernement avait classé la violence sexiste et le féminicide comme une catastrophe nationale. Une étude de 2022 montrait par ailleurs que plus de 35 % des femmes adultes sud-africaines avaient subi des violences physiques ou sexuelles à un moment de leur vie, illustrant l’ampleur structurelle du problème.
La série de meurtres a déclenché une onde de choc dans la société sud-africaine, alimentant des appels à des réponses plus rapides et plus efficaces de la part des autorités, ainsi qu’à des mesures de prévention et de protection renforcées pour les personnes les plus vulnérables. Les enquêtes se poursuivent et la police a sollicité l’aide du public pour toute information pouvant conduire à l’identification et à l’arrestation des auteurs.