OMS à Genève santé mentale au centre de la 79e Assemblée mondiale
L’OMS réunit sa 79e Assemblée mondiale à Genève, la santé mentale en tête de l’agenda
À Genève, la 79e Assemblée mondiale de la Santé place la santé mentale au cœur des débats: chiffres mondiaux, suicides, inégalités et sous-financement.
L’Organisation mondiale de la santé tient cette semaine sa 79e Assemblée mondiale à Genève, où la santé mentale figure parmi plus de 75 points inscrits à l’ordre du jour. Les délégués doivent examiner un panorama alarmant : la charge mondiale des troubles mentaux augmente, les jeunes et certaines populations vulnérables sont particulièrement exposés, et les investissements publics restent très faibles par rapport aux besoins.
Un milliard de personnes concernées et une tendance à la hausse
Plus d’un milliard d’individus dans le monde vivent aujourd’hui avec un problème de santé mentale, soit environ une personne sur huit. Ce total recouvre des affections variées — troubles anxieux, dépressions, troubles bipolaires, troubles psychotiques, troubles liés à des traumatismes, troubles de l’alimentation et addictions — et montre une hausse constante au cours des dernières décennies. Les données récentes indiquent que l’incidence de l’anxiété et de la dépression a augmenté, notamment durant la période de la pandémie, accentuant une charge déjà lourde pour les systèmes de santé.
Jeunes, femmes et hommes : profils de risque distincts
Les jeunes figurent parmi les groupes les plus affectés, avec des taux élevés d’anxiété et de dépression chez les 15–29 ans. Les femmes présentent des taux disproportionnés d’anxiété et de dépression, tandis que les hommes affichent des taux de suicide plus élevés. Les trajectoires diffèrent : certains troubles se manifestent par des symptômes internes (dépression, anxiété) plus fréquents chez les femmes, alors que les hommes tendent davantage à externaliser par la toxicomanie ou des comportements à risque. Des groupes marginalisés — réfugiés, peuples autochtones, personnes LGBTQ+ — montrent aussi des taux supérieurs de détresse et de suicide.
Suicides : une mortalité toutes les 43 secondes
Le nombre annuel de suicides dans le monde atteint environ 740 000, soit un décès toutes les 43 secondes en moyenne. Le suicide reste une cause majeure de mortalité chez les jeunes : troisième cause de décès pour les 15–29 ans, et deuxième cause chez les femmes de cette tranche d’âge. Les différences entre sexes sont marquées : les chiffres montrent un taux de suicide sensiblement plus élevé chez les hommes que chez les femmes, tandis que les incidences varient fortement selon les régions et les conditions socio-économiques.
Prévalence régionale et répartition des troubles
La prévalence des troubles mentaux varie selon les régions : certaines zones affichent des pourcentages plus élevés de population affectée, tandis que d’autres enregistrent des niveaux plus faibles. Les troubles anxieux et dépressifs restent les catégories les plus répandues globalement. Parmi les chiffres disponibles, on relève des différences régionales notables qui reflètent à la fois des facteurs sociaux, économiques et l’accès aux services de santé mentale.
Inégalités d’accès aux soins et traitement insuffisant
Malgré l’ampleur des besoins, l’accès aux soins reste très inégal. Une part importante des personnes touchées ne bénéficie d’aucune prise en charge : dans certains cas, seulement une personne atteinte de troubles anxieux sur quatre reçoit un traitement. Les pays à revenu faible ou intermédiaire sont particulièrement désavantagés, tant en termes d’offre de soins que de personnel spécialisé. Ces lacunes aggravent la chronicité des troubles et la charge économique et sociale associée.
Financement public faible et disparités de dépenses
Le financement de la santé mentale demeure insuffisant : les budgets gouvernementaux dédiés à la santé mentale représentent une faible part des dépenses de santé globale. Les dépenses par habitant varient considérablement d’un pays à l’autre, depuis des montants dérisoires dans certains Etats jusqu’à des sommes beaucoup plus élevées dans les pays à revenu élevé. Ce sous-financement chronique empêche le déploiement systématique de services de prévention, de dépistage et de soins intégrés attendus pour répondre à l’ampleur de la crise.
La session genevoise représente une opportunité pour les États membres et les décideurs de renforcer les politiques nationales, d’augmenter les investissements et de promouvoir des approches intégrées — centrées sur la prévention, l’accès équitable aux traitements essentiels et le soutien aux populations vulnérables — afin de réduire la charge mondiale des troubles mentaux et de diminuer les inégalités d’accès aux soins.