ONDH et PNUD proposent un système national d’évaluation pour guider la décision publique
L’ONDH et le PNUD lancent à Rabat un atelier pour instaurer un système national d’évaluation axé sur les résultats
Le 3 juin 2026 à Rabat, l’ONDH et le Bureau d’évaluation du PNUD ont organisé un atelier pour instaurer un système national d’évaluation axé sur les résultats. (159 caractères)
L’Observatoire national du développement humain (ONDH), en partenariat avec le Bureau indépendant d’évaluation du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a réuni le 3 juin 2026 à Rabat des représentants ministériels, des organismes publics, des experts nationaux et des partenaires internationaux pour débattre du rôle de l’évaluation dans l’amélioration de la décision publique. Placée sous le thème « L’évaluation au service de la décision publique : Vers un système national d’évaluation réactif et axé sur les résultats », la rencontre visait à poser les jalons d’un dispositif national capable de produire des analyses probantes, d’orienter les choix politiques et d’améliorer la redevabilité des institutions.
Mobilisation institutionnelle et objectifs de l’atelier
L’événement a rassemblé des décideurs publics ainsi que des spécialistes de l’évaluation afin d’explorer les mécanismes permettant d’intégrer l’évaluation tout au long du cycle des politiques publiques. Les organisateurs ont explicité deux objectifs clairs : faire évoluer les pratiques pour que l’évaluation ne soit plus un exercice final, et construire un système national réactif aux besoins des administrations et des citoyens. Le président de l’ONDH, Otmane Gair, a souligné la nécessité d’adapter les instruments d’évaluation aux mutations sociales et aux attentes de performance publique.
Intégration de l’évaluation au cycle des politiques
Les intervenants ont insisté sur l’importance d’inscrire l’évaluation dès la conception des programmes, puis tout au long de leur mise en œuvre, afin de permettre des ajustements rapides fondés sur des données fiables. Plusieurs sessions ont abordé les étapes pratiques pour intégrer indicateurs, outils méthodologiques et dispositifs de suivi dans les processus budgétaires et décisionnels. L’idée centrale est de faire de l’évaluation un outil opérationnel pour améliorer les résultats plutôt qu’un bilan réalisé a posteriori.
Approche axée sur les résultats et redevabilité
Une large part des débats a été consacrée à l’approche fondée sur les résultats : définir des objectifs mesurables, sélectionner des indicateurs d’impact pertinents et établir des trajectoires de performance. Les participants ont mis en avant le rôle de l’évaluation pour renforcer la redevabilité des institutions, optimiser l’utilisation des ressources publiques et faciliter l’apprentissage institutionnel. Des exemples de méthodologies visant à mesurer l’impact réel des politiques publiques ont été présentés pour illustrer comment transformer les conclusions en recommandations opérationnelles.
Normes internationales, droits humains et égalité de genre
Les travaux ont abordé l’harmonisation avec les standards internationaux de l’évaluation, tout en insistant sur l’importance d’intégrer les approches fondées sur les droits humains et l’égalité de genre. Les débats ont porté sur les méthodes d’évaluation adaptées aux politiques publiques complexes et sur les indicateurs sensibles au genre et aux inégalités territoriales. L’accent a été mis sur des principes directeurs : indépendance, crédibilité, transparence, équité et inclusion, jugés essentiels pour établir la confiance dans les résultats.
Transformer les évaluations en recommandations opérationnelles
Une attention particulière a été portée aux mécanismes de valorisation des résultats d’évaluation pour qu’ils se traduisent en décisions concrètes. Les participants ont exploré des processus institutionnels pour assurer la diffusion ciblée des conclusions, la formulation de recommandations claires et la définition d’un calendrier de mise en œuvre. L’objectif est d’assurer un lien direct entre les constats tirés des évaluations et l’amélioration de la conception et de l’exécution des programmes publics.
Pour les organisateurs, la réussite d’un système national d’évaluation performant repose sur deux leviers complémentaires : le renforcement des capacités techniques des agences publiques et l’émergence d’une demande soutenue d’évaluation de la part des décideurs. Le renforcement des compétences inclut la formation d’évaluateurs, le développement d’outils méthodologiques adaptés et l’accès à des données de qualité. La stimulation de la demande nécessite, de son côté, une sensibilisation des responsables politiques à la valeur ajoutée de l’évaluation pour améliorer l’efficience et l’efficacité des politiques publiques.
La mise en place d’un tel système requiert également des arbitrages institutionnels afin de garantir l’indépendance et la continuité des activités d’évaluation. Les participants ont recommandé l’élaboration d’un cadre institutionnel clair, incluant des standards nationaux, des mécanismes de coordination entre ministères et agences, et des procédures pour assurer le suivi des recommandations. L’atelier a servi de plateforme pour définir des priorités opérationnelles et pour engager des collaborations techniques entre l’ONDH, le PNUD et d’autres partenaires.
L’atelier du 3 juin 2026 marque une étape importante vers l’instauration d’une culture nationale de l’évaluation axée sur les résultats, destinée à soutenir une gouvernance publique plus transparente, plus efficace et plus proche des attentes des citoyens. Les prochaines étapes annoncées par les organisateurs incluent la mise en place de plans d’action sectoriels, des sessions de formation ciblées et la définition d’indicateurs nationaux communs pour suivre la progression du dispositif.