ONU accuse Israël de crimes de guerre à Gaza et demande fin de l’occupation
ONU : un rapport accuse Israël de « violations graves » à Gaza et appelle à prévenir des actes de génocide
Le Haut-Commissariat de l’ONU alerte sur de graves violations à Gaza et en Cisjordanie et exhorte Israël à empêcher tout acte de génocide et demande justice.
Un rapport publié le 18 mai 2026 par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme dresse un réquisitoire marqué contre la conduite militaire d’Israël pendant la guerre contre Gaza jusqu’en mai 2025. Le document conclut à des violations graves du droit international humanitaire, estime que de nombreux faits pourraient constituer des crimes de guerre et met en garde contre des pratiques assimilables à un nettoyage ethnique, tout en appelant à des mesures immédiates pour prévenir des actes de génocide.
Conclusions principales du Haut-Commissariat
Le rapport analyse les opérations militaires, les pratiques de sécurité et les conséquences humanitaires de la campagne israélienne. Il relève une série d’actions qui ont entraîné des pertes massives en vies civiles, des déplacements forcés et la destruction d’infrastructures essentielles. Les enquêteurs estiment que certaines opérations, au-delà de frapper des objectifs militaires, ont causé des morts jugées illégales au regard du droit international. Le Haut-Commissariat appelle les autorités israéliennes à arrêter les actes susceptibles de conduire à des atrocités et à garantir le retour des personnes déplacées.
Bilan des victimes et allégations de génocide
Le texte mentionne des chiffres de victimes très élevés dans la bande de Gaza, citant près de 73 000 décès déclarés par le ministère de la Santé local. Il rappelle le contexte déclencheur de la guerre : les attaques du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, qui ont causé environ 1 200 morts et 240 otages, et la riposte militaire israélienne qui a suivi. Le rapport et plusieurs enquêtes internationales ont évalué que l’ampleur des pertes et les modalités des opérations pouvaient, dans leur ensemble, s’apparenter à des éléments constitutifs d’un génocide, d’où l’appel pressant à prévenir toute répétition ou escalade de ce type de crimes.
Accusations de crimes de guerre et pratiques dénoncées
Les auteurs du rapport détaillent des incidents où les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution — piliers du droit international humanitaire — auraient été violés. Ils indiquent que, bien que certaines attaques visaient à récupérer des otages ou ciblaient des cibles militaires, de nombreux cas de meurtres de civils et de destruction d’habitations relèvent d’actes illégaux. Le document demande également la responsabilisation des acteurs impliqués et souligne l’absence, jusqu’à présent, d’enquêtes effectives et de poursuites pénales pour la plupart des violations documentées.
Violence en Cisjordanie et rôle des colons
Le rapport élargit sa portée à la Cisjordanie occupée, où il signale une recrudescence de raids violents, d’expulsions et d’actions menées par des colons en lien avec des forces de sécurité. Les observations présentées montrent une augmentation des incidents mortels impliquant des colons et les forces israéliennes et indiquent que la protection des Palestiniens y est insuffisante. Les responsables onusiens ont estimé que cette dynamique, combinée à des politiques d’annexion, mine gravement la vie civile palestinienne et creuse la prospérité d’un projet d’occupation prolongée.
Appels à la responsabilité et conséquences politiques
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé à des mesures concrètes : empêcher la commission d’actes de génocide, permettre le retour des déplacés et mettre fin à la présence illégale sur le territoire palestinien. Parallèlement, le rapport condamne les violations commises par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens, notamment pour des tirs aveugles de projectiles et des homicides illégaux, en demandant l’arrêt immédiat de ces pratiques. Ajith Sunghay, responsable des droits de l’homme pour les territoires palestiniens occupés, a souligné que le cessez-le-feu précédemment conclu n’avait pas apporté de mécanismes de reddition de comptes ni résolu la question fondamentale de l’occupation.
La publication de ce rapport risque d’intensifier les pressions diplomatiques sur les parties concernées, d’alimenter les débats au Conseil de sécurité et de relancer les exigences en faveur d’enquêtes indépendantes et impartiales. Les auteurs insistent sur le fait que l’impunité persistante alimente la récidive et prive les victimes de toute perspective de justice.
L’appel final du rapport est clair : des mesures urgentes sont nécessaires pour protéger les civils, engager des enquêtes crédibles et établir des voies de responsabilité. Sans actions immédiates et concertées, le document met en garde contre une aggravation des violations et un effondrement durable des conditions de vie pour des centaines de milliers de personnes.