Patrick Drahi pourrait perdre SFR
Vers la disparition de SFR ? Orange, Bouygues Telecom et Free ont offert à Patrick Drahi, le propriétaire d’Altice France, maison mère de SFR, un chèque de 17 milliards d’euros pour racheter la majeure partie de son groupe, plus précisément l’essentiel de l’opérateur au carré rouge, ont indiqué les trois groupes de télécoms dans un communiqué. Certaines filiales – dont XP Fibre, son immense réseau fibre dans les zones peu peuplées, ou sa filiale Intelcia, le géant marocain des centres d’appels, ne sont en revanche pas incluses.
Leur chèque “fait ressortir une valeur d’entreprise indicative (…) pour l’ensemble d’Altice France de 21 milliards d’euros”, a précisé la même source.
À lire : SFR : Patrick Drahi réussit son incroyable pari
Selon une source proche des repreneurs citée par le journal Le Monde, elle est “crédible”, “plutôt généreuse pour les actionnaires”, et “(permet) de sécuriser les créanciers et de rembourser 100% de la dette”. “C’est (…) bénéfique pour le vendeur, car il offre une valorisation attractive”, a ajouté Olivier Roussat, directeur général du groupe Bouygues, maison mère de Bouygues Telecom, mardi 14 octobre, lors d’une conférence de presse téléphonique. Un éventuel rachat de SFR pourrait provoquer sa disparition et le marché de quatre acteurs pourrait passer à trois.
Lire : Patrick Drahi cherche à se débarrasser de SFR
Drahi, qui a achevé au début du mois une vaste restructuration financière pour réduire l’énorme dette qui menaçait son groupe, de 24 à 15,5 milliards d’euros, acceptera-t-il cette offre ? “Le jour où il y aura (des offres), nous les étudierons sans aucun tabou, sans aucun totem”, confiait Arthur Dreyfuss, PDG d’Altice France, le 1er octobre. Mais le rachat et le démantèlement complet de SFR risquent de s’avérer difficiles. « Il s’agit d’une opération qui, selon toute vraisemblance, ne serait pas réalisée avant le deuxième trimestre 2027 », souligne Roussat. En cas d’acceptation par Drahi, Orange, Bouygues Telecom et Free devraient s’assurer que les informations commerciales et financières dont ils disposent sur Altice sont exactes, précise-t-il, avant de soumettre « une offre ferme ».
Lire : Le milliardaire Patrick Drahi cherche à se débarrasser d’un géant marocain des centres d’appels
Prochaine étape : le gouvernement devrait examiner ce rachat. Diverses autorités, dont l’Arcep, le régulateur des télécoms, et notamment celles chargées de la concurrence, devraient faire de même. Sauf qu’ils ne donnent peut-être pas carte blanche car ils craignent généralement que la concentration du marché n’entraîne des hausses de prix significatives. Roussat est conscient que ce rachat n’est pas gagné d’avance. A ce stade, “ce processus (…) est sans garantie de succès”, insiste le dirigeant.